La BCE pourrait accroître son soutien à l’économie dès décembre

Le président de la BCE, Mario Draghi
Photo: STR Agence France-Presse Le président de la BCE, Mario Draghi

Face à une économie déprimée et une inflation désespérément basse en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a ouvert la voie jeudi à de nouvelles mesures de soutien avant la fin de l’année, réjouissant les marchés.

L’institution monétaire de Francfort va réexaminer lors de la réunion du conseil des gouverneurs de décembre le calibrage de sa politique monétaire, a indiqué le président de la BCE, Mario Draghi, à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la banque centrale, organisée cette fois-ci sur l’île de Malte. Et s’il devait passer à la vitesse supérieure dans son soutien aux prix et à l’économie, le conseil est ouvert à l’utilisation de « tous les instruments de politique monétaire », a précisé le banquier central. Cela inclut également une potentielle nouvelle baisse de taux, dont M. Draghi a reconnu qu’elle avait été discutée lors de la réunion de jeudi.

Visiblement plus préoccupé que lors de son intervention du mois de septembre, le banquier central s’est inquiété de la « force et de la persistance de facteurs » qui empêchent l’inflation de revenir juste en dessous de 2 %, le niveau qu’elle vise. Parmi ces risques, la baisse des prix du pétrole ou encore le ralentissement économique observé en Chine. Certains membres du conseil des gouverneurs avaient même suggéré d’agir dès ce jeudi, selon les dires de M. Draghi.

Accueillies à Malte par un gros orage, les déclarations du président de la BCE ont donné des ailes aux investisseurs. À la Bourse de Francfort, l’indice vedette Dax gagnait 2,6 %, tandis que le CAC40 à Paris engrangeait 2,4 % et que l’euro a perdu du terrain face au dollar. Les gardiens de l’euro « ont ouvert la porte en grand à un nouveau stimulus dès le mois de décembre », a réagi dans une note Howard Archer, chef économiste chez IHS Global Insight. Et selon cet analyste, « […] une baisse de taux semble être désormais revenue sur la table, alors qu’elle avait été retirée de l’agenda depuis septembre 2014 ».

Ironie du sort, si la BCE abaisse ses taux le mois prochain, cela coïnciderait avec le relèvement anticipé de toutes parts des siens par la Fed américaine, créant une situation inédite sur les marchés financiers mondiaux.

La BCE a porté en septembre 2014 son principal taux directeur à 0,05 %, soit le plus bas niveau de son histoire. Une nouvelle baisse porterait vraisemblablement sur le taux auquel l’institution rémunère les banques qui placent de l’argent auprès d’elle pour 24 heures, et qui est déjà négatif (-0,2 %).