Les femmes ont besoin d’un meilleur soutien

Au Canada, 47 % des PME sont détenues entièrement ou partiellement par des femmes, fait ressortir le rapport de la BMO. Il s’agit donc d’une force vive de l’économie.
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Au Canada, 47 % des PME sont détenues entièrement ou partiellement par des femmes, fait ressortir le rapport de la BMO. Il s’agit donc d’une force vive de l’économie.

Les obligations familiales paralysent-elles encore aujourd’hui les efforts des femmes entrepreneures ? Oui, tranche la BMO, selon les résultats d’un sondage publié jeudi soulignant que plus de la moitié d’entre elles se disent toujours contraintes de « faire vivre leur famille jusqu’à ce que l’entreprise soit rentable ». Et ce défi est loin d’être leur seule entrave, dévoile le rapport.

Outre la prégnance de la vie familiale, les femmes entrepreneures voient souvent leur soif entrepreneuriale ralentie par la difficulté qu’elles ont de trouver le financement nécessaire pour démarrer leur entreprise (43 %). Elles peinent au surplus à dénicher leurs clients (43 %), et même à obtenir des conseils pour lancer leur projet (20 %).

Les femmes entrepreneures interrogées par la firme Pollara, pour le compte de la BMO, ont déclaré avoir eu besoin de plus de 200 000 $ en moyenne pour démarrer leur entreprise. Par ailleurs, plus de 60 % d’entre elles ont souligné avoir réussi à engranger des profits avant la fin de leur deuxième année d’activité.

Secteurs privilégiés

C’est le secteur du détail qui compte le plus grand nombre de femmes entrepreneures, où 30 % d’entre elles y oeuvrent. Viennent ensuite les services (santé, immobilier, aliments et boissons), à 17 %, et les services professionnels (technologie, marketing et consultation notamment), à 14 %.

Sal Guatieri, économiste principal de la BMO, rapporte à cet effet que « le secteur des services, qui comprend le commerce de détail, a été très solide cette année, malgré les échos concernant la possibilité d’une récession technique ».

Signe encourageant pour elles, il note au passage que « les résultats réels du secteur des services étaient en hausse de 2,2 % pour les six premiers mois de l’année par rapport à la même époque de l’année dernière, avec une hausse de 2,7 % observée dans le secteur du commerce de détail ». Bref, le secteur des services et de l’industrie de la vente au détail devrait être en croissance l’an prochain, ce qui devrait les favoriser, évalue-t-il.

 

Second essor des PME

Au Canada, 47 % des PME sont détenues entièrement ou partiellement par des femmes, fait ressortir le rapport de la BMO, citant les chiffres du Conseil consultatif économique des femmes en affaires. Il s’agit donc d’une force vive de l’économie.

D’autant plus que 80 % des nouveaux emplois sont créés par celles-ci. Mais les PME devront se tourner vers l’avenir, et pour ce faire, elles sont invitées à adopter davantage de mesures émancipatrices.

« Seulement 10 % des PME canadiennes sont présentes sur les marchés d’exportation, un niveau qui n’a pas changé depuis 15 ans, malgré l’accroissement de l’activité commerciale et l’essor du libre-échange partout dans le monde », a rappelé jeudi l’économiste en chef adjoint de la CIBC, Benjamin Tal. Selon lui, les PME devront exporter davantage et investir dans la recherche et le développement.

Pour mettre l’épaule à la roue, les programmes pour soutenir l’entrepreneuriat féminin se sont multipliés ces dernières années. À titre d’exemple, Femmessor et le fonds d’investissement Capital Croissance PME, capitalisé à égalité de parts entre la Caisse de dépôt et placement du Québec et Capital régional et coopératif Desjardins, offrent aux femmes entrepreneures depuis le mois de février dernier un apport de capitaux variant de 50 000 $ à 250 000 $ en échange d’une participation minoritaire dans une organisation rentable en affaires depuis au moins trois ans.