Montréal a accueilli 19 nouveaux CFI en 2003

Avec ses 19 nouvelles accréditations en 2003, Montréal compte désormais 136 centres financiers internationaux (CFI) en exploitation. En trois ans, depuis que le concept a été redynamisé, la progression atteint ainsi les 70 %. Mais malgré ce pourcentage ronflant, le plein en la matière n'a pas encore été fait, a souligné la p.-d.g. de l'organisme, Andrée Corriveau. «Bien au contraire, Montréal doit poursuivre son démarchage. Il ne faut surtout pas qu'elle s'arrête, si elle ne veut pas devenir un ghetto.»

L'heure était au bilan hier chez CFI Montréal. En 2003, 19 nouveaux centres financiers internationaux ont vu le jour à Montréal. L'année précédente, le bilan faisait la création d'une quinzaine de CFI. L'an dernier, l'organisme a recruté d'aussi loin que du Japon (Entrepedia Canada) et que de la Tunisie (BFI Bureau de finance internationale). «En tenant compte des bureaux qui ont été fermés à la suite de fusions et d'acquisitions, le total de CFI existants s'établit maintenant à 136, soit 70 % d'augmentation en trois ans [...] Avec l'ajout des nouveaux centres, nous prévoyons que les CFI compteront quelque 1328 employés accrédités actifs à Montréal, ce qui constitue déjà une formidable masse critique pour soutenir la croissance des activités en matière d'échanges financiers internationaux», a souligné Andrée Corriveau, dans son allocution, hier soir.

En début matinée, Mme Corriveau participait à un petit déjeuner privé en compagnie de la vice-Secrétaire générale de l'Organisation des Nations unies, Louise Fréchette. Cette rencontre avec la numéro deux de l'ONU s'est faite à l'occasion des activités de l'Association des femmes en finance du Québec. Mme Corriveau est la présidente fondatrice de cette filiale de la Financial Women's Association créée en mai 2002 et comptant aujourd'hui une centaine de membres.

Points forts

Revenant à la contribution de CFI Montréal, Andrée Corriveau a parlé de points forts en 2003, une année pourtant peu propice au démarchage compte tenu des difficultés rencontrées par le secteur financier. Parmi les faits saillants, elle a cité la tenue à Montréal du Sommet international des banques arabes, une première au Canada. Elle a également mis en exergue la présence du Bureau de soutien de l'Association internationale des fonds d'investissement. Sans compter la venue, entre autres, de CARR Futures, la filiale de produits dérivés de la banque Crédit agricole Indosuez de France, et de MAC Futures, de Londres.

Au cours d'un entretien, Andrée Corriveau a parlé de «collaboration excellente avec le gouvernement québécois. Je crois que le ministre des Finances est désireux de conserver les CFI», a-t-elle précisé, sans vouloir commenter plus à fond l'impact que pourrait avoir sur l'organisme l'orientation du gouvernement Charest en matière de développement économique. «Il faut poursuivre le démarchage. Il ne faut surtout pas arrêter, au risque de voir Montréal devenir un petit ghetto, de perdre sa stature de ville internationale.»

La formule des CFI existe depuis 1986. Mais le modèle a été redynamisé, sous des avantages et incitations fiscales remodelés, avec l'arrivée d'Andrée Corriveau à la présidence de l'organisme, en juin 2000. «Le meilleur est à venir, insiste-t-elle. Nous n'avons pas fait le plein.» S'inspirant du choix de Nasdaq Canada de s'installer à Montréal, ou encore de la décision des Commissions des valeurs mobilières d'installer leur secrétariat permanent à Montréal, elle rappelle que les institutions sont toutes en train de chercher des endroits où elles peuvent installer une activité d'exploitation à moindres frais. Et que les marchés limitrophes, soit New York, le New Jersey ou encore le Connecticut, ont tous recours aux avantages fiscaux.