Les promesses d’investissement sourient aux gens d’affaires

Yves-Thomas Dorval, le président du Conseil du patronat du Québec
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Yves-Thomas Dorval, le président du Conseil du patronat du Québec

Assisterons-nous bientôt au retour du crédit d’impôt fédéral aux fonds de travailleurs ? La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) est revenue sur cet engagement en ces lendemains électoraux, tout en se joignant au reste de la communauté des affaires pour saluer l’arrivée d’un gouvernement libéral majoritaire à Ottawa.

Après l’abolition progressive du crédit d’impôt fédéral aux fonds des travailleurs par le gouvernement conservateur ces dernières années, les chambres de commerce continuent de militer pour qu’il revienne. « À cet égard, nous avions un engagement verbal des libéraux et nous sommes persuadés qu’ils iront de l’avant avec le rétablissement des crédits d’impôt », a déclaré au Devoir Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la FCCQ.

Pour elle, non seulement ces crédits d’impôt sont rentables, mais ils font aussi oeuvre de pédagogie, puisqu’ils réussissent à montrer aux Québécois comment fonctionne l’écosystème de financement d’une entreprise. « En outre, plusieurs travailleurs prendront leur retraite prochainement. Il va donc falloir continuer d’y ajouter de l’argent… », a tenu à dire Mme Bertrand.

Au mois d’octobre dernier, la FCCQ, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la Chambre de commerce du Canada ont plaidé pour le rétablissement de ces crédits d’impôt sans toutefois faire cadeau de leur appui à un parti en particulier. Sans surprise, le Fonds de solidarité de la FTQ a exhorté mardi le gouvernement à les rétablir au plus vite. Sous Harper, la part fédérale avait baissé de 15 % à 10 %, puis à 5 %, et devait disparaître en 2017.

Longue liste d’épicerie

Or, le retour espéré de cette mesure fiscale n’est qu’une infime partie des attentes exprimées par le monde des affaires mardi. Si les PME s’attendent à payer moins d’impôts et à débourser moins de taxes sur la masse salariale, rappelle Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la Chambre de commerce du Canada salue pour sa part les investissements promis, mais s’inquiète du retour de déficit libéral, qu’ils qualifient volontiers de « structurel ».

Cet agacement a aussi été perceptible chez le Conseil du patronat du Québec (CPQ). Dans une lettre envoyée aux médias mardi, son président, Yves-Thomas Dorval, rappelle que Justin Trudeau « peut compter sur des finances publiques saines » grâce au premier ministre sortant, Stephen Harper, une façon de répéter que le patronat redoute le déficit structurel et préfère que le Parti libéral du Canada au pouvoir opte plutôt pour la voie du budget équilibré.

Le CPQ insiste aussi sur l’importance de créer un climat d’affaires favorisant une plus grande prospérité. L’environnement fiscal concurrentiel, la réduction des barrières au commerce extérieur (libre-échange), le refus de hausser les cotisations à l’assurance-emploi ou aux régimes publics de retraite et la nécessité de moderniser les infrastructures demeurent leur cheval de bataille.

Infrastructures d’abord

Comme l’ensemble du monde des affaires québécois, la FCCQ a salué les investissements en infrastructures des libéraux. Une balle qu’a aussi saisie au bon Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM : « Nous avons pris acte dans la réponse du Parti libéral qu’il s’engage à quadrupler le financement fédéral dans le transport collectif au cours des dix prochaines années en investissant près de 20 milliards de dollars supplémentaires. »

Pour la CCMM, l’accès au financement pour le commerce international et la révision du Programme des travailleurs étrangers temporaires revêtent eux aussi une importance capitale, comme le développement « d’une nouvelle stratégie pour promouvoir nos exportations et aider les entreprises à tirer profit des nouveaux accords de libre-échange ». Durant la campagne, le Parti libéral du Canada a promis à ce sujet d’organiser « un débat entièrement ouvert et public au Parlement pour nous assurer que les Canadiennes et Canadiens sont consultés sur cet accord commercial historique ».

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM


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