Deux cabinets comptables sont mis en cause - Une onzième arrestation dans l'affaire Parmalat

Parme, Milan — L'enquête autour du scandale Parmalat a pris une nouvelle ampleur hier avec l'arrestation d'une onzième personne et la mise en cause de deux cabinets comptables italiens en tant que personnes morales.

La police italienne a arrêté à Parme Franco Gorreri, 51 ans, administrateur de Parmalat jusqu'en 1992. Il devait être écroué dans cette ville, a-t-on indiqué de source judiciaire. L'homme est considéré comme un proche de l'ancien président-fondateur de Parmalat, Calisto Tanzi, sous les verrous depuis le mois dernier.

Franco Gorreri, qui fut l'un des dirigeants du club de football de Parme dans les années 90, avait déjà été mis en examen, notamment pour faillite frauduleuse et fausses déclarations de résultats, en tant qu'ancien membre du conseil d'administration de Parmalat. Il continuait à ce jour à être présent dans les finances de Parmalat, indique-t-on de source judiciaire. Il avait abandonné la semaine dernière, à titre temporaire, la présidence de la banque Monte Parma. Ses bureaux et son domicile ont fait l'objet de perquisitions.

Des cabinets

Par ailleurs, l'enquête sur le scandale a été étendue à la filiale italienne du cabinet d'expertise comptable Deloitte & Touche et à l'ex-filiale italienne du cabinet Grant Thornton, Italaudit, a-t-on indiqué. Grant Thornton SpA, branche italienne du groupe Grant Thornton International, vient d'être exclue du réseau de celui-ci. Elle a depuis pris le nom d'Italaudit.

L'ancien président et un associé de Grant Thornton SpA, ainsi que deux anciens directeurs financiers du groupe, Fausto Tonna et Luciano Del Soldato, figurent parmi les onze personnes sous les verrous dans le cadre de l'affaire Parmalat. Les deux associés de la filiale italienne de Deloitte & Touche font partie des quelque 25 personnes faisant l'objet d'une enquête.

Désormais, ce ne sont plus seulement les personnes physiques des cabinets d'audit qui font l'objet d'une enquête, mais les deux cabinets eux-mêmes, souligne-t-on de source judiciaire.

Le bureau italien de Grant Thornton est au centre du scandale Parmalat depuis sa révélation au grand public il y a un mois avec l'affaire du compte de près de quatre milliards d'euros, supposé appartenir à une filiale de Parmalat aux îles Caïmans, et qui a ensuite été présenté comme imaginaire. Grant Thornton SpA était responsable de la certification des comptes de la filiale en question, Bonlat.

Quant à Deloitte & Touche SpA, le cabinet était chargé des comptes consolidés du géant laitier. À Londres, un porte-parole de Deloitte & Touche a déclaré que le cabinet comptable n'envisageait «absolument pas» d'exclure sa branche italienne de son réseau mondial.

les banques

L'enquête porte aussi sur les transactions de Parmalat avec les banques, italiennes ou étrangères, et principalement sur les émissions obligataires émises par Parmalat qu'elles ont garanties.

La banque italienne Capitalia a annoncé hier que que son conseil d'administration avait entériné un plan de remboursement des obligations de Parmalat, ainsi que d'un autre groupe agroalimentaire en faillite, Cirio, souscrites par les clients de Capitalia. Elle a précisé que l'impact de cette mesure serait plafonné à 50 millions d'euros et ajouté que moins de 0,1 % de ses clients particuliers avaient acquis des obligations de ces groupes aujourd'hui en faillite.

Les provisions de Capitalia pour couvrir son exposition de 393 millions d'euros sur Parmalat se situeront entre 215 et 240 millions d'euros. Sur Parmatour, société de tourisme contrôlée par la famille du fondateur de Parmalat, l'exposition de Capitalia se monte à quelque 90 millions d'euros.

La cinquième banque italienne, Monte dei Paschi di Siena, a également annoncé qu'elle allait déprécier entre 60 et 65 % de ses engagements de 115 millions d'euros sur Parmalat.

Enfin, l'ancien directeur financier de Parmalat Fausto Tonna et un ancien commissaire aux comptes du groupe, Gianfranco Bocchi, ont été conduits hier de leur prison au siège social du groupe à Collecchio près de Parme pour aider les enquêteurs à reconstituer les comptes du groupe.