Les nouvelles technologies au service de l’enseignement

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
« On sait qu’il y a de plus en plus de matériel disponible, de téléphones portables, de téléphones intelligents et maintenant de tablettes, notamment en Afrique. Le développement des technologies a fait que de plus en plus d’enseignants se sont équipés et que la question de l’utilisation de ces outils se pose », assure Pierre-Jean Loiret, coordonnateur de projets numériques éducatifs pour l’Agence universitaire de la francophonie.
Photo: Issouf Sanogo Agence France-Presse « On sait qu’il y a de plus en plus de matériel disponible, de téléphones portables, de téléphones intelligents et maintenant de tablettes, notamment en Afrique. Le développement des technologies a fait que de plus en plus d’enseignants se sont équipés et que la question de l’utilisation de ces outils se pose », assure Pierre-Jean Loiret, coordonnateur de projets numériques éducatifs pour l’Agence universitaire de la francophonie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Formation continue

Le 19 octobre prochain, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) lancera un cours en ligne ouvert et massif (CLOM) destiné aux enseignants des pays en voie de développement. Ce cours, nommé CERTICE SCOL, vise à réduire davantage la fracture numérique qui existe entre le Nord et le Sud, avec une formation sur l’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC) dans l’enseignement.

Ce CLOM abordera notamment, durant neuf semaines, les connaissances politiques en matière de TIC dans l’éducation et l’intégration de ces technologies dans la pédagogie. « Ce n’est vraiment pas un CLOM grand public, prévient à l’autre bout du fil Pierre-Jean Loiret, coordonnateur de projets numériques éducatifs pour l’AUF. Il y a une cible très précise. » En l’occurrence, les enseignants du primaire et du secondaire dans les pays en voie de développement. Plus précisément, cette formation à distance a été pensée pour les professeurs des pays d’Afrique subsaharienne, de l’océan Indien et des Caraïbes, même si elle peut aussi répondre aux besoins de professionnels de l’éducation pratiquant dans les régions du Maghreb ou de l’Asie du Sud-Est.

« On sait qu’il y a de plus en plus de matériel disponible, de téléphones portables, de téléphones intelligents et maintenant de tablettes, notamment en Afrique, ajoute-t-il. Le développement des technologies a fait que de plus en plus d’enseignants se sont équipés et que la question de l’utilisation de ces outils se pose. Et on sait très bien que mettre à disposition des outils technologiques, ça ne suffit pas pour créer des usages pédagogiques. Ce CLOM a pour objectif très précis d’apprendre aux enseignants ces usages. »

Au-delà de la pédagogie, le cours s’attardera aussi à l’organisation et l’administration. « On voit de plus en plus d’initiatives se multiplier dans les pays africains quant à l’utilisation de téléphones pour faire remonter de l’information vers les ministères, que ce soit sur le nombre d’enseignants ou d’élèves, par exemple, explique M. Loiret. Il y a des logiciels qui sont de plus en plus utilisés dans cette logique, et CERTICE SCOL est au croisement de l’utilisation pédagogique et du renforcement des capacités des institutions. »

L’idée a d’abord émergé à travers l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), un programme de formation à distance classique copiloté par l’AUF et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Les établissements africains ont fait part de leurs besoins en matière de pédagogie avec des TIC, un aspect qui n’était pas traité par l’IFADEM. Le CLOM a ensuite été développé par l’AUF, l’UNESCO, l’Université de Cergy-Pontoise, en France, et le Réseau international francophone des établissements de formation de formateurs (RIFEFF), établi à l’Université de Montréal. Ce projet s’insère dans la programmation quadriennale actuelle de l’AUF, dont l’un des axes majeurs consiste à favoriser la formation et le perfectionnement des enseignants.

Quinze écoles de formation pour instituteurs et enseignants dans douze pays différents d’Afrique sont devenues partenaires afin de donner le cours en ligne à leurs étudiants. Ces établissements vont accorder des crédits à leurs étudiants qui vont suivre et réussir le CLOM en question. « C’est important pour nous que ce soit complètement intégré dans les parcours de formation, indique M. Loiret. C’est aussi un public qui est moins équipé que les enseignants universitaires. C’est pour ça qu’il y a des partenariats avec des institutions de formation. »

Afin de joindre les étudiants voulus dans les pays en développement, le CLOM a été élaboré dans une autre approche. Les présentations vidéo, qui font le point sur la matière, sont volontairement très courtes, soit d’une durée de deux ou trois minutes tout au plus. « L’une des difficultés en Afrique, c’est de pouvoir consulter les vidéos en raison de la faiblesse du débit de la connexion Internet », indique M. Loiret. De plus, toutes les présentations seront téléchargeables. Une retranscription sur papier sera aussi disponible, en plus d’un enregistrement audio. « Une version audio, c’est facilement consultable sur un téléphone portable, assure-t-il. Toutes ces ressources, grâce au partenariat avec des établissements, vont être aussi proposées localement, c’est-à-dire accessibles via un petit serveur dans les établissements de formation pour permettre de les regarder sans connexion Internet. »

Au moment d’écrire ces lignes, 2500 inscriptions à CERTICE SCOL avaient été enregistrées. L’AUF vise près de 6000 inscriptions en 2016, soit 3000 inscriptions pour chacune des deux sessions qui sont prévues cette année-là. Les étudiants devront traverser six semaines et un test en ligne pour terminer le premier niveau. Le deuxième niveau, plus interactif, se conclut au bout des neuf semaines nécessaires pour compléter le cours.

Un autre CLOM pour les pays en développement a été élaboré par l’AUF parallèlement à CERTICE SCOL, celui-là destiné aux doctorants et aux jeunes enseignants de cycle supérieur. Une première version de ce cours en ligne sera expérimentée à partir de 2016 en Côte d’Ivoire, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur de ce pays. L’AUF a investi entre 115 000 $ et 150 000 $ (entre 80 000 et 100 000 euros) pour la création conjointe de ces deux cours en ligne.