Le pessimisme à l’égard de l’économie canadienne monte en flèche

Le nombre de comptables occupant un poste de direction à se dire pessimistes à l’égard des perspectives de l’économie canadienne a doublé d’un trimestre à l’autre. Cette morosité n’a pas été aussi élevée depuis 2009.

L’observation vient d’un sondage commandé par les Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada) effectué en septembre auprès de ses membres. L’Ordre parle d’une montée en flèche avec 40 % des répondants se disant pessimistes quant aux résultats de l’économie canadienne au cours des 12 prochains mois, contre 20 % au trimestre précédent. « Le niveau d’optimisme est quant à lui passé de 29 % à 17 % du deuxième au troisième trimestre de 2015 », ajoute CPA Canada.

Parmi les éléments évoqués, « le recul des cours du pétrole constitue le principal obstacle à la croissance économique canadienne selon 38 % des répondants », retient-on. « L’incertitude au sujet de l’économie canadienne arrive au deuxième rang » pour 15 % des répondants. À l’opposé, 71 % des professionnels sondés estiment que l’économie américaine est en croissance.

Le sentiment des répondants quant à leur propre entreprise demeure cependant stable. « L’optimisme à l’égard des perspectives de l’entreprise des répondants pour les 12 prochains mois s’établit à 46 %, soit près du niveau enregistré aux deux premiers trimestres de 2015. » Aussi, 57 % s’attendent à une croissance du chiffre d’affaires de leur entreprise sur l’horizon, un niveau inchangé par rapport au trimestre précédent. Et 51 % prévoient une augmentation du bénéfice, comparativement à 56 % au deuxième trimestre.

« En ce qui concerne les effectifs de leur entreprise, 36 % des répondants prévoient une hausse, soit pratiquement la même proportion qu’au trimestre précédent. Près de 4 répondants sur 10 (39 %) n’entrevoient aucun changement à cet égard, tandis que 24 % s’attendent à une diminution », ajoute CPA Canada.

Le sondage a été mené par courriel par Harris Poll. CPA Canada indique que 613 personnes, soit 11 % des 5785 comptables professionnels occupant des postes de haut niveau, ont répondu. La marge d’erreur est de plus ou moins 3,9 %, au niveau de confiance de 95 %.

Banque du Canada

Vendredi dans son Enquête sur les perspectives des entreprises, la Banque du Canada soulignait que les entreprises continuaient à s’ajuster graduellement « à un environnement caractérisé par des prix des produits de base plus faibles et un dollar canadien plus bas ». L’enquête automnale fait ressortir des attentes améliorées en matière de ventes et d’investissement en réaction à une demande américaine plus vigoureuse. « Toutefois, la confiance demeure précaire dans le cas des entreprises liées directement ou indirectement au secteur des ressources. »

Ainsi, il y a un contraste provoqué par le découplage de l’économie canadienne entre les secteurs des ressources et manufacturier, d’une part, entre les entreprises s’en remettant à la demande intérieure et celles tournées vers les marchés extérieurs, d’autre part. On le voit dans les intentions d’embauche au cours des 12 prochains mois. « La volonté de grossir les effectifs est plus répandue parmi les entreprises qui ont dit bénéficier de la baisse des prix du pétrole et de la dépréciation du dollar canadien. […] À l’inverse, les entreprises qui pâtissent de l’évolution de l’environnement économique ont exprimé de faibles intentions d’embauche. Celles qui comptent réduire leurs effectifs, surtout des firmes tournées vers le marché intérieur, ont dans bien des cas évoqué l’absence de nouveaux projets ainsi que la maîtrise des coûts et les gains d’efficacité découlant de la restructuration. »

Et dans l’ensemble, peu d’entreprises craignent avoir de la difficulté à faire face à une hausse inattendue de la demande. « La proportion d’entreprises ayant déclaré que des pénuries de main-d’oeuvre limitent leur capacité de répondre à la demande reste basse et, dans l’ensemble, les firmes estiment encore que ces pénuries sont moins prononcées qu’il y a 12 mois. »


 
1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Inscrit 14 octobre 2015 13 h 46

    Pour le travailleur moyen,

    le dollars faible représente un avantage, favorisant ainsi ses possibilité de travail vs l'exportation. Par contre, pour l'autre classe plus favorisé financièrement, la hausse du dollars est considéré avantageuse, car souvent cela leur permettra d'acheter à moindre coût (surconsommation oblige), donc de pouvoir acheter plus avec le même dollars. Souvent pour eux, le travail n'est pas un problème (gérant de banques par exemple).

    Malheureusement, les riches sont souvent plus respectés, leurs richesses leurs apportant comme une forme de crédibilité à leurs paroles (ex.: PKP vs PQ) et la richesse étant vu comme la raison d'être de l'humain dans son ensemble. Que de visions limités pour l'humain...