La Fiducie Desjardins remanie sa carte de fonds d'investissement

Michel Lessard et Marc Dubuc, de Fiducie Desjardins.
Photo: Jacques Grenier Michel Lessard et Marc Dubuc, de Fiducie Desjardins.

2003 a été, pour la Fiducie Desjardins, une année d'actualisation de sa gamme de fonds. S'inspirant d'un sondage signalant un retour en force de ces véhicules dans le choix REER des investisseurs cette année, l'institution du Mouvement Desjardins veut rappeler haut et fort qu'elle est un producteur de fonds dominant au Québec.

«Il y a dix ans, nous avions sept fonds et un gestionnaire. Aujourd'hui nous offrons 37 fonds répartis entre 10 gestionnaires», a illustré Michel Lessard, vice-président, Gestion de gestionnaires. «Nous avons à ce point grandi que nous sommes devenus le producteur dominant au Québec qui dispose, par surcroît, d'un vaste réseau.»

2003 a été pour la Fiducie Desjardins une année de refonte tant de la gamme que de l'offre de services en matière de fonds d'investissement. Dans la catégorie des fonds sans frais (à l'entrée et à la sortie) des produits ont été fusionnés, d'autres reclassés ou renommés. L'éventail a également été élargi pour comprendre les produits-vedettes de grands noms de l'industrie, des ententes de marque conjointe avec CI Funds et Fidelity venant s'ajouter à la présence des AGF, AIM Trimark ou encore Montrusco Bolton.

Mais Michel Lessard prend soin d'ajouter que Fiera Capital «demeure le partenaire privilégié de la Fiducie Desjardins. À l'heure actuelle, Fiera gère

60 % de l'actif et le tiers des fonds. Nos fonds les plus importants sont gérés par Fiera.» Fiera Capital est cette nouvelle entité, détenue à 70 % par Fiera International et à 30 % par Desjardins Société financière, appelée en relève de Placements Élantis (l'ex-Canagex) et à qui Desjardins a confié l'an dernier la gestion de 5 milliards $ d'actif. Fiera Capital a été mise sur pied en 2002 par Jean-Guy Desjardins. M. Desjardins avait présidé pendant 30 ans TAL Gestion globale et contribué à faire de TAL un important gestionnaire de portefeuille pour ensuite le vendre à la Banque CIBC.

Ajouts

De 30 fonds l'an dernier, on passe à 37. Plus précisément, 13 fonds ont été ajoutés, mais six ont été fusionnés. Parmi les ajouts, neuf se font en marque conjointe et quatre prennent la forme d'un mandat de gestion confié à un tiers. Le tout ayant été ramené à six grandes familles de fonds. «Dans chacune [des familles] on se concentre sur les produits importants. On a voulu mettre l'accent sur la diversification, sur les styles de gestion et sur la capitalisation des fonds», a souligné Marc Dubuc, vice-président, Marketing.

L'offre de la Fiducie en matière de fonds est élargie pour comprendre le Service Diapason. Ici, l'exercice consiste à construire des portefeuilles-modèles autour de regroupements de fonds que l'on réajuste sur une base trimestrielle. L'on parle d'une allocation d'actif optimale pour chacun des six ou sept profils-type d'investisseur, élaborés selon les degrés de tolérance au risque et en empruntant soit l'approche valeur, soit l'approche croissance, selon que l'investisseur accepte ou non de sacrifier du rendement pour moins de volatilité.

Cette intervention dans l'univers des fonds est complétée par une présence de la Fiducie dans le segment des fonds avec frais, destinés aux intermédiaires, par l'entremise de Fonds mutuels NordOuest. «Avec ses fonds et ses bureaux à Toronto et Vancouver, NordOuest est une belle plate-forme qui servira de base à notre expansion pancanadienne», a renchéri Marc Dubuc.

Finalement, si 2003 a été, pour la Fiducie Desjardins, une année de transformation, l'exercice s'inscrit dans un contexte plus favorable aux fonds d'investissement. «Les marchés sont porteurs», a résumé Marc Dubuc. Il s'inspire des résultats d'un sondage maison, réalisé auprès de 615 investisseurs québécois, faisant ressortir que ce véhicule de placement reviendra en force dans les choix REER des investisseurs cette année. «Avant, c'était l'immobilier», rappelle-t-il.

Retour au réalisme

Trois grands constats se dégagent de ce sondage. On peut observer, d'entrée de jeu, un regain d'optimisme. Ainsi, le quart des répondants ont indiqué vouloir augmenter leur cotisation REER cette année, et 64 % croient que les marchés boursiers sont à leur plus bas niveau, qu'ils ne peuvent qu'augmenter. «Mais peu de gens pensent que 2004 sera meilleure que 2003 à ce chapitre», a renchéri Michel Lessard.

Ces prévisions s'accompagnent d'un retour au réalisme. «Les investisseurs gagnent en sagesse. Ils ont abaissé leurs attentes. Les trois dernières années ont probablement joué, en favorisant un retour à la discipline et au principe de base de la diversification.» Marc Dubuc indique également que les investisseurs sont désormais conscients que des rendements annuels de 15 ou 20 % ne peuvent être perpétuels. En fait, 37 % des répondants ont indiqué miser sur un rendement d'au moins 10 %. Il y a deux ans, ces attentes d'un rendement de 10 % ou plus rejoignaient la moitié des répondants. Par contre, 28 % des personnes sondées disent prévoir un rendement d'au moins 5 %, cette proportion se situant à 17 % il y a deux ans. Question de risque, ils sont 45 % à déclarer vouloir éviter les fluctuations boursières, alors que 39 % des répondants ont indiqué rechercher une croissance rapide, à tout prix.

Enfin, l'hésitation s'est estompée. «Les investisseurs savent ce qu'ils veulent.» Plus précisément, 92 % des répondants insistent sur l'importance du soutient et d'un suivi de qualité de la part de leur conseiller. Ils sont également nombreux à rechercher simplicité et choix, tant dans les produits que dans la gestion.

Marc Dubuc résume: «près des deux tiers des détenteurs de fonds de placement croient que la bonne diversification est l'élément qui a le plus d'impact sur le rendement. Dans le même ordre d'idées, 98 % sont d'accord pour dire que la meilleure façon de faire face aux fluctuations est d'avoir un portefeuille bien diversifié.»

Quelqu'un n'a-t-il pas déjà dit que la diversification pouvait expliquer 80 % du rendement?