Bombardier suscite des inquiétudes

L’échec des discussions entre Bombardier et Airbus a fait grimper les craintes quant au futur du programme d’avions CSeries ainsi qu’à l’endroit de la multinationale québécoise.

Richard Aboulafia, de la firme américaine Teal Groupe, estime que les efforts ratés de Bombardier pour vendre une participation majoritaire à son rival européen ont miné les attentes du marché quant à la viabilité de la CSeries. Sous pression financière et en l’absence d’un partenaire potentiel, M. Aboulafia estime que Bombardier devrait tout simplement mettre fin au développement de son avion commercial pouvant transporter de 110 à 160 passagers. « S’ils sont intelligents, ils vont mettre fin à tout cela rapidement. Sinon, les pertes vont s’aggraver et vont mettre en péril la compagnie. » En allouant davantage d’argent à la CSeries, M. Aboulafia affirme que Bombardier est en train de siphonner des liquidités essentielles pour le développement de ses autres avions d’affaires et commerciaux.

L’analyste estime que la structure de capital permettant à la famille Beaudoin de détenir les actions à droits de votes multiples ne permet pas à l’entreprise de prendre les meilleures décisions pour ses actionnaires.

Karl Moore, un professeur associé en stratégie et leadership à l’Université McGill serait très étonné de voir le président et chef de la direction, Alain Bellemare, jeter l’éponge à l’endroit de la CSeries. Il estime que Bombardier est clairement en difficultés et qu’il est plus difficile de vendre la CSeries — moins énergivore — en raison de la baisse des prix du carburant. Il croit cependant que l’approche tentée auprès d’Airbus a du sens et démontre que l’entreprise québécoise est ouverte à différentes avenues afin de surmonter ses difficultés.

Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, estime que la compagnie entre dans une période névralgique, où elle doit « rétablir à la fois la confiance des investisseurs et celle des clients ». L’analyste estime que Bombardier pourrait inscrire une charge de dépréciation hors trésorerie substantielle dans le dossier de la CSeries au cours des prochains mois.

L’entreprise n’a pas commenté, mais son président des avions commerciaux, Fred Cromer, a expliqué aux employés dans une note que l’approche tentée auprès d’Airbus ne devait pas les surprendre. Il écrit que M. Bellemare avait déjà fait part de ses intentions d’évaluer la possibilité de participer à la consolidation dans les secteurs de l’aéronautique et du transport.

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