La cour autorise l'entente conclue entre Victor Li et Air Canada

Toronto - La Cour supérieure de l'Ontario a donné son aval, hier soir, à l'entente conclue entre Air Canada et l'homme d'affaires asiatique Victor Li, en vertu de laquelle celui-ci investira 650 millions $ dans la relance du transporteur, en retour d'un important bloc d'actions qui lui vaudra le contrôle de l'entreprise.

Air Canada demandait à la Cour d'approuver cette entente considérée comme cruciale pour la réussite de son plan de relance, alors qu'approche la date limite du 30 avril pour la conclusion du processus de restructuration.

Air Canada s'est placée sous la protection de Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies le 1er avril dernier et souhaitait alors mettre en oeuvre son plan de restructuration avant la fin de l'année 2003. Le transporteur accuse toutefois plusieurs mois de retard sur l'échéancier initial, en raison principalement des délais causés par la complexité des procédures judiciaires et financières.

«Le processus de restructuration et plusieurs autres initiatives qui y sont liées ont été reportées d'environ deux mois en raison de l'incertitude persistante associée à la sélection du commanditaire du plan de financement», écrivait dans son 19e rapport sur Air Canada, rendu public lundi soir, Ernst & Young, le contrôleur nommé par la cour pour superviser le processus de restructuration. «La sollicitation de capital-actions doit être complétée pour que le reste du processus de restructuration soit réalisé avant l'échéance des engagements.»

Une offre révisée à la hausse de la firme d'investissement hong-kongaise Trinity, contrôlée par M. Li, a été préférée à la fin du mois de décembre à celle du fonds américain Cerberus Capital Management, qui souhaitait également participer à la restructuration d'Air Canada pour en devenir un important actionnaire. Ernst & Young recommandait plutôt l'approbation de l'entente de financement intervenue avec M. Li.

En approuvant cette entente, vendredi, le juge James Farley a aussi donné le feu vert à deux autres accords vitaux pour le transporteur.

Le plus important, conclu avec GE Capital, une division du conglomérat américain General Electric, prévoit l'octroi d'un prêt de 585 millions $ US à Air Canada lorsqu'elle émergera du processus de restructuration, plus 950 millions $ US pour financer l'achat d'appareils régionaux et pour la révision des baux de 108 autres avions. L'accord avec GE «solidifie notre accès au réseau de base de cette compagnie», a affirmé vendredi un avocat d'Air Canada, Sean Dunphy. «Il s'agit de l'actif central de cette compagnie.»

Le juge a aussi approuvé une troisième motion visant à indemniser la firme d'investissement de Wall Street Merrill Lynch pour son rôle de conseiller du conseil d'administration du transporteur.

Plus tôt cette semaine, un groupe de détenteurs d'obligations d'Air Canada qui avait fait savoir qu'il s'opposerait vivement à l'approbation de l'entente avec la compagnie de Victor Li s'est ravisé. Laurence Geringer, un avocat représentant ces investisseurs qui détiennent plus de 1 milliard $ de la dette d'Air Canada, a dit qu'il en est venu à la conclusion qu'une contestation serait vaine.

Maintenant qu'elle a réglé la question de son refinancement de base, Air Canada doit trouver une façon de couvrir le déficit de 1,5 milliard $ de la caisse de retraite de ses employés.

De plus, les deux syndicats représentant ses pilotes — ceux de sa ligne principale et ceux de sa filiale de transport régional Jazz — doivent encore régler le contentieux qui les oppose au sujet des nouveaux appareils régionaux à venir. Chacun des syndicats soutient que le pilotage de ces appareils revient à ses membres.