Groupe ADF doit encore jeter du lest

Groupe ADF doit procéder à de nouvelles compressions à son usine de Terrebonne. Faisant face à une demande obstinément anémique, le fabricant de superstructures en acier n'emploie plus que 75 personnes au Québec. La ponction dans les effectifs atteint désormais les 95 % depuis l'amorce de la restructuration, en septembre 2002.

«Dans le cadre de son plan de restructuration mis en avant en 2002-03 et afin de s'ajuster à l'important ralentissement qui touche l'ensemble de l'industrie des superstructures en acier, la société poursuit la réduction de ses effectifs. Au cours du mois de janvier 2004, 95 personnes seront visées par ces mises à pied temporaires additionnelles», a indiqué l'entreprise, dans son communiqué.

Ainsi, les effectifs à l'usine de Terrebonne seront ramenés à quelque 75 employés. Si l'on tient compte de la mise en vente des installations d'Owen Steel, en Caroline du Sud, et de la vente de l'usine d'ADF à Lachine, l'érosion provoquée par la restructuration d'ADF atteint près de 95 % des effectifs depuis septembre 2002, au moment où l'entreprise employait près de 1450 personnes.

Le président du conseil et chef de la direction, Jean Paschini, a souligné hier que «la situation demeure difficile et nous n'anticipons aucune amélioration dans le secteur de la construction non résidentielle avant le troisième trimestre de 2004. Dans ce contexte, nous continuons de mettre l'accent sur la réduction de nos coûts d'exploitation, sur la perception de nos comptes débiteurs, sur la négociation et le règlement des multiples changements contractuels [...] La société soumissionne activement sur des projets en Amérique du Nord et à l'international, et continue de cibler les projets offrant de bonnes marges bénéficiaires.»

Au cours des neuf premiers mois clos le 31 octobre, ADF a inscrit une perte de 44,1 millions, ou de 1,69 $ par action, contre 39,9 millions, ou 1,52 $ l'action, un an plus tôt. Ses revenus ont chuté de moitié, à 111,6 millions. Au cours de l'exercice clos le 31 janvier 2003, elle avait inscrit une perte nette de 129,5 millions, contre un bénéfice net de 25,3 millions en 2001, ses revenus passant de 510 millions à 307 millions dans l'intervalle. Dans son principal marché, celui des États-Unis, les revenus d'ADF n'étaient plus que de 280 millions en 2002, contre 406 millions un an plus tôt. Les ventes canadiennes passaient, pour leur part, de 104 millions à 27 millions.

Si les États-Unis constituent son principal marché, New York retenait 55 % du chiffre d'affaires d'ADF avant les événements du 11 septembre 2001.

Outre la compression des effectifs à son usine principale, ADF a été contrainte de mettre en vente sa filiale américaine, acquise en mars 2002, et de fermer pour ensuite les vendre les installations d'ADF Industries Lourdes à Lachine. L'ex-Dominion Bridge, détenue également par le Fonds de solidarité FTQ, a été vendue à Cintube en décembre dernier.