Le masculin l’emporte encore largement sur le féminin

Les industries de la biotechnologie, des mines et du pétrole et gaz abritent la plus grande proportion d’émetteurs ne comptant aucune femme à leur conseil (60 %) ou à leur haute direction (50 %).
Photo: MediaPhotos Les industries de la biotechnologie, des mines et du pétrole et gaz abritent la plus grande proportion d’émetteurs ne comptant aucune femme à leur conseil (60 %) ou à leur haute direction (50 %).

La représentation féminine au sein des conseils d’administration et de la haute direction des entreprises inscrites en Bourse demeure timide. Et très peu se sont dotées d’une cible en la matière, évoquant préférer une sélection au mérite.

Les autorités en valeurs mobilières ont adopté des mesures relatives à l’information sur la représentation féminine au conseil d’administration et à la haute direction des entreprises inscrites en Bourse, en vigueur depuis le 31 décembre 2014. L’approche retient la formule « se conformer ou s’expliquer ». Lundi, l’heure était au premier examen. Ainsi « parmi les émetteurs échantillonnés, 49 % comptent au moins une femme au conseil d’administration, 60 % comptent au moins une femme à la haute direction et 15 % ont ajouté une femme ou plus au conseil au cours de l’exercice. L’examen a également révélé que la taille et le secteur d’activité des émetteurs étaient les indicateurs les plus significatifs de l’adoption ou non par ceux-ci de mesures visant à accroître la représentation féminine au conseil ou à la haute direction », peut-on lire dans le communiqué diffusé par l’Autorité des marchés financiers.

Ces résultats découlent de l’information fournie par 722 émetteurs inscrits à la cote de la Bourse de Toronto dont la fin d’exercice tombe entre le 31 décembre 2014 et le 31 mars 2015.

Selon la taille de l’entreprise, 60 % des émetteurs dont la capitalisation boursière excède 2 milliards de dollars comptent deux femmes ou plus aux postes d’administrateurs. Et 59 % ont affirmé qu’au moins deux femmes occupaient des postes de direction. Pour les entreprises dont la capitalisation est inférieure à 2 milliards, 62 % n’avaient pas de femmes siégeant à leur conseil, et 48 % n’avaient aucune femme dans leur haute direction.

À peine 14 % des émetteurs de l’échantillon ont déclaré s’être dotés d’une politique écrite sur la recherche et la sélection de candidates aux postes d’administrateur, dont 30 % des entreprises formant le groupe dont la capitalisation excède les 2 milliards. En revanche, 53 % des émetteurs de l’échantillon ont indiqué que la représentation féminine était prise en compte dans la nomination des membres de la haute direction, poursuit l’étude.

Autre élément, « peu d’émetteurs de l’échantillon ont indiqué qu’ils avaient des cibles officielles pour la nomination de femmes au conseil ou à la haute direction. Seulement 49 émetteurs, soit 7 % du groupe étudié, avaient fixé un nombre cible d’administrateurs et seulement 11, soit 2 % de l’échantillon, avaient un nombre cible pour les membres de la haute direction. » Chez ceux n’ayant pas de telles cibles, 66 % ont évoqué la sélection des candidats au mérite.

Les données varient également d’un secteur à l’autre. La représentation féminine est plus forte dans les secteurs des services publics et du commerce de détail. À l’opposé, les industries de la biotechnologie, des mines et du pétrole et gaz sont celles abritant la plus grande proportion d’émetteurs ne comptant aucune femme à leur conseil (60 %) ou à leur haute direction (50 %).

14 %
C’est le pourcentage d’entreprises qui disent avoir une politique écrite sur la recherche et la sélection de candidates aux postes d’administrateur