Relèvement probable des taux avant la fin de l’année

Janet Yellen
Photo: Win McNamee Getty Agence France-Presse Janet Yellen

Washington — La présidente de la banque centrale américaine, Janet Yellen, a affirmé jeudi que la Fed commencerait « probablement » à relever ses taux d’intérêt « plus tard dans l’année » et que les développements économiques à l’étranger ne devraient guère influencer sa décision.

« La plupart des membres du Comité, dont moi-même, prévoyons pour l’instant que les conditions […] vont probablement permettre une première hausse des taux sur les fonds fédéraux plus tard cette année, suivie par un rythme graduel de resserrement des taux ensuite », a indiqué Mme Yellen dans un discours à l’Université du Massachusetts. La patronne de la Fed a aussi affirmé que la banque centrale surveillait les développements à l’étranger mais ne prévoyait pas, « pour l’instant, que leur impact sur l’économie des États-Unis soit suffisamment important pour avoir un effet significatif sur la trajectoire » de la politique monétaire.

Ce commentaire atténue l’impression donnée la semaine dernière, lors de sa conférence de presse à l’issue d’une réunion du Comité monétaire, que les développements internationaux, comme le ralentissement de l’économie chinoise et les turbulences sur les marchés financiers, avaient coupé la Fed dans son élan vers un premier relèvement des taux cette année.

Dans ce discours de plus de 20 pages, la responsable a insisté sur le fait qu’après un premier relèvement des taux, maintenu proches de zéro depuis fin 2008, le rythme de hausse serait graduel. « La date précise de la première hausse […] devrait avoir des conséquences mineures sur les conditions financières et sur l’économie en général, a estimé Mme Yellen. Ce qui importe pour l’environnement financier, c’est la façon dont est anticipée par le public et les marchés la trajectoire des taux à court terme dans son ensemble », a-t-elle poursuivi, ajoutant que cette trajectoire refléterait « un rythme [de hausse] tout à fait graduel au cours des prochaines années ».

Mme Yellen a également affirmé que les perspectives de l’économie des États-Unis semblaient « généralement solides » et que les membres de la Fed avaient confiance dans le fait que l’inflation annuelle, actuellement proche de zéro, remonterait vers l’objectif de 2 % de la Fed « d’ici deux à trois ans ».

Wall Street se reprend

Wall Street avait légèrement baissé jeudi, réduisant ses pertes en séance à mesure qu’approchait un discours de Janet Yellen attendu en soirée, sur fond de reprise du marché du pétrole : le Dow Jones a cédé 0,5 %, et le Nasdaq 0,4 %.

Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a reculé de 78,57 points à 16 201,32 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 18,27 points à 4734,48 points. Très suivi par les investisseurs, l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,3 % à 1932,24 points.

En ouverture de séance, l’indice vedette Dow Jones cédait 171,69 points, le Nasdaq, 42,16 points et le S&P 500, 16,55 points. Pour Peter Cardillo, chez Rockwell Global Capital, « en début de séance, deux facteurs ont pesé sur la Bourse, l’attente [du discours de la présidente de la Fed, Janet] Yellen, et bien sûr, Caterpillar », le constructeur d’engins de chantier qui a annoncé qu’il sabrait ses effectifs de 9 %, illustrant les dommages infligés par la chute des cours des matières premières. Caterpillar, un membre de l’indice Dow Jones, a dévissé de 6,3 % à 65,80 dollars, attisant le pessimisme des investisseurs qui sont en train d’affiner leurs prévisions à l’approche de la saison des résultats d’entreprise, le mois prochain.

Toutefois « le fait que le S&P ne soit pas passé sous les 1900 points est bon signe », selon M. Cardillo, qui a estimé que le marché n’était pas prêt à tutoyer les planchers atteints fin août. En cours de séance, le marché a également bénéficié de la petite reprise des cours du pétrole, qui avaient pourtant débuté la journée en baisse mais ont fini par bénéficier d’un rebond technique.

Désormais, le marché reste plus que jamais concentré sur la possibilité ou non d’une prochaine hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, qui avait décidé la semaine dernière de les laisser au plus bas, en invoquant des inquiétudes sur les perspectives de croissance mondiales. « Jusqu’alors, pour les investisseurs, le ciel était bleu, mais la Fed doit voir des nuages » pour ne pas avoir redressé les taux, dont le niveau actuel est censé soutenir l’économie, a noté Jack Ablin, chez BMO Private Bank. Pour lui, les investisseurs se demandent : « Que voit Mme Yellen que nous ne voyons pas ? »

« Si Mme Yellen se montre un peu plus [favorable à un resserrement monétaire dans son discours de jeudi soir], je crois que le marché pourrait remonter », a assuré M. Cardillo.

1 commentaire
  • Richard Bérubé - Inscrit 25 septembre 2015 07 h 16

    Elle n'a pas monté les taux car elle aurait déclenché un tsunami!

    Elle a été fortement averti de ne pas touché au taux la semaine dernière car il y aurait eu un cataclysme. Mais il doit y avoir un gros éceuil car l'économiste en chef à la Banque d'Angleterre Andy Halldane proposait il y a huit jours d'abandonner l'argent comptant et de se tourner vers l'argent numérique. Ceci permettrait aux banques centrales de tomber dans les taux d'intèrêts négatifs, (tel qu'adopté par la Banque de Suisse et celle de Suède)..ce système permettrait aux banques de retirer un certain pourcentage des économies des gens et d'ainsi promouvoir les dépenses....il pourrait aussi permettre aux gouvernements en place de fermer le compte des gens controversés et ainsi de les priver de moyens de se nourrir et de pourvoir à leurs besoins...car sans cash tu ne peux rien faire....