Joe Oliver contredit les chiffres

Le ministre des Finances, Joe Oliver, propose une lecture personnelle des chiffres de Statistique Canada.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Le ministre des Finances, Joe Oliver, propose une lecture personnelle des chiffres de Statistique Canada.

Toronto — Le ministre des Finances, Joe Oliver, maintient que le pays n’était pas en récession au cours de la première moitié de l’année, même si les données économiques prouvent le contraire.

Dans un entretien avec l’Associated Press, M. Oliver a soutenu qu’il s’agissait plutôt d’une contraction économique confinée au secteur énergétique. « Nous ne croyons pas que l’économie était en récession », a déclaré le ministre, faisant allusion aux deux premiers trimestres de 2015. « Il s’agit vraiment d’une contraction dans le secteur de l’énergie et des ressources, ce qui représente moins de 20 % de l’économie. Évidemment, il y a des répercussions, mais l’autre 80 % a continué à croître », a clamé M. Oliver.

Plus tôt ce mois-ci, Statistique Canada a indiqué que le PIB s’était contracté à un rythme annualisé de 0,5 % d’avril à juin, ce qui avait été précédé par un déclin de 0,8 % durant les trois premiers mois de l’année. Ces données correspondent à la définition technique d’une récession, c’est-à-dire deux trimestres consécutifs de contraction du PIB.

Cette nouvelle lecture proposée par le ministre Oliver est en porte-à-faux avec celle de son chef. Le premier ministre, Stephen Harper, a admis qu’il y avait une récession, du moins en Alberta, précisant la semaine dernière qu’elle avait été créée par la dégringolade du prix du pétrole.

Certains économistes conviennent que la situation économique canadienne peut être débattue, puisque certains marqueurs classiques accompagnant une récession ne se retrouvent pas dans le portrait économique du Canada — qui comprend notamment de solides données commerciales et la création d’emplois.

M. Oliver, qui tente de se faire réélire dans la circonscription torontoise d’Eglinton-Lawrence, a rappelé qu’une croissance de 0,5 % avait été atteinte au mois de juin, une première progression mensuelle en six mois. « Je peux vous dire ceci, nous ne croyons vraiment pas que nous sommes actuellement en récession, a martelé le ministre conservateur. Les échanges commerciaux demeurent vigoureux. La confiance des consommateurs est bonne et nous avons réalisé un surplus budgétaire. » Le ministère des Finances a en effet révélé la semaine dernière que le Canada avait dans ses poches un surplus de 1,9 milliard réalisé en 2014-2015. Stephen Harper a d’ailleurs surfé sur cette nouvelle pour polir son image de bon gestionnaire de l’État.

Les libéraux et les néodémocrates ont, pour leur part, accordé leurs violons en déclarant que le pays était définitivement plongé dans une récession. Le chef libéral, Justin Trudeau, croit que les coupes réalisées par les conservateurs dans des postes budgétaires reliés aux anciens combattants et aux aînés ont propulsé le Canada en récession, alors que le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, affirme que la récession est la preuve que le plan économique des conservateurs ne fonctionne pas.

À voir en vidéo