Wall Street tente de comprendre la Fed

Sur le parquet de la Bourse de New York, un courtier semble s’interroger sur l’interprétation qu’il faut donner aux propos récents de plusieurs responsables de la Banque centrale américaine.
Photo: Spencer Platt Agence France-Presse Sur le parquet de la Bourse de New York, un courtier semble s’interroger sur l’interprétation qu’il faut donner aux propos récents de plusieurs responsables de la Banque centrale américaine.

New — Wall Street a un peu monté lundi, essayant d’interpréter les propos de plusieurs responsables de la banque centrale américaine, globalement favorables à une hausse rapide des taux : le Dow Jones a pris 0,8 %, et le Nasdaq 0,04 %.

Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a gagné 125,61 points à 16 510,19 points, tandis que le Nasdaq, plombé par une chute des biotechnologies, n’a avancé que de 1,73 point à 4828,95 points. Très suivi par les investisseurs, l’indice élargi SP 500 a avancé de 0,5 %, soit 8,94 points, à 1966,97 points.

« Il ne faut pas tirer trop de conclusions » de ces mouvements, a jugé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management. « On est peut-être en train de se dire qu’en fait, il n’y pas de grande inconnue dont seule la Fed [Réserve fédérale] serait au courant. »

La banque centrale américaine a interloqué les marchés en maintenant jeudi ses taux à un niveau presque nul, et, surtout en assortissant cette décision de propos très prudents sur l’état de l’économie mondiale. Si l’attentisme de la Fed est généralement bien accueilli par le marché, en raison du soutien à l’économie que constitue le faible niveau des taux, Wall Street avait-elle baissé de près de 2 % vendredi, interprétant l’attitude de la banque centrale comme un signe de pusillanimité et de pessimisme.

Or depuis le début du week-end, « plusieurs responsables de la Fed sont intervenus pour dire “vous savez, on a juste attendu pour relever les taux, mais ça reste d’actualité" », a souligné M. Blicksilver. Dennis Lockhart, président de la Fed d’Atlanta, a en effet estimé qu’une telle éventualité restait d’actualité, tandis que James Bullard, qui dirige l’antenne de Saint-Louis et n’a pas le droit de vote cette année au sein du comité de politique monétaire (FOMC), a déclaré qu’il se serait prononcé contre la décision de jeudi s’il en avait eu la possibilité.

En conséquence, par rapport à vendredi, « la vraie différence sur le marché, c’est qu’on a changé de sentiment par rapport à ce que la Réserve fédérale pense », a insisté Art Hogan, de Wunderlich Securities.

Le marché obligataire reculait nettement. Le rendement des bons du Trésor à dix ans montait à 2,198 % contre 2,129 % vendredi soir, et celui des bons à 30 ans à 3,016 %, contre 2,933 % auparavant.

Prix du pétrole

Les marchés boursiers canadiens se sont également repris en mains lundi, les courtiers ayant semblé se demander si le recul de la fin de la semaine dernière n’avait pas été exagéré. L’indice composé SP/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé en hausse de 132,54 points à 13 779,44 points. Une partie du sentiment négatifs’était toutefois atténué lundi sur le parquet torontois. Les secteurs de la finance et de l’énergie, qui ont un poids considérable sur le TSX, ont notamment affiché des gains de 1,7 %. Le dollar canadien s’est pour sa part déprécié de 16 centièmes à 75,50 ¢US.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du lingot d’or a chuté de 5 $US à 1132,80 $US l’once, tandis que le prix du pétrole brut a avancé de 1,94 $US à 46,96 $US le baril.

Une partie de la croissance du cours du pétrole était probablement attribuable à la publication d’un nouveau rapport de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, selon lequel le cours du pétrole pourrait atteindre 80 $US le baril d’ici 2020, a expliqué Andrew Pyle, un gestionnaire de portefeuille chez ScotiaMcLeod à Peterborough, en Ontario. « Cette prévision, à mon avis, est très conservatrice », a-t-il opiné.

« Le retour à 80 $US n’est pas un accomplissement exceptionnel dans le grand ordre des choses. Lorsque vous avez des entreprises qui commencent à réduire la production, et qui — encore plus important — réduisent leurs dépenses en immobilisations […], cela gruge la production à court et à moyen terme. »

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