La Caisse de dépôt compte investir 1,43 milliard au Mexique

La CDPQ, qui fête son 50e anniversaire cette année, est le deuxième plus important gestionnaire de régimes de retraite au pays.
Photo: Source CDPQ La CDPQ, qui fête son 50e anniversaire cette année, est le deuxième plus important gestionnaire de régimes de retraite au pays.

Désireuse de doubler la taille de son portefeuille d’infrastructures d’ici 2018, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) investira 1,43 milliard dans divers projets au Mexique au cours des cinq prochaines années.

L’institution québécoise a annoncé lundi un partenariat avec un consortium représentant cinq investisseurs institutionnels mexicains qui gèrent près de 62 % de l’ensemble des caisses de retraite du pays.

Au total, 2,8 milliards seront investis d’ici cinq ans dans le cadre de ce partenariat — le premier du genre en Amérique du Nord entre des institutions financières mexicaines ainsi qu’un gestionnaire de régimes de retraite international.

« Le Mexique a été identifié comme un marché prioritaire, notamment en raison de l’ambitieux programme que le gouvernement veut mettre en place dans les infrastructures », a expliqué le vice-président principal aux placements privés et infrastructures à la Caisse, Macky Tall, au cours d’une entrevue téléphonique.

Regroupé sous l’entité CKD Infraestructura Mexico, le consortium est formé des gestionnaires de caisses de retraite XXI Banorte, SURA, Banamex et Pensionissste, ainsi que du fonds d’infrastructures national Fonadin.

Transport et énergie

 

La CDPQ estime qu’il y a de nombreuses occasions d’affaires à saisir au Mexique, puisque les autorités prévoient injecter plus de 614,3 milliards au cours des quatre prochaines années dans les infrastructures, notamment dans les secteurs du transport et de l’énergie.

Son portefeuille dans ce secteur s’élève actuellement à 11 milliards et ce nouvel investissement « contribuerait à (environ) cinq pour cent de l’objectif visant à en doubler la taille », a expliqué M. Tall.

Il a notamment justifié l’intérêt de la Caisse à l’endroit du Mexique par la santé de ses institutions financières et de son système bancaire ainsi que sa participation à l’Accord de libre-échange nord-américain.

Cette plateforme de coinvestissement devrait principalement s’intéresser à la production, au transport et à la distribution d’énergie ainsi qu’aux infrastructures de transport.

La participation de la CDPQ dans le véhicule d’investissement s’élève à 51 %, contre 49 % pour le consortium d’investisseurs institutionnels mexicains.

Un modèle exportable

 

Dans le cadre de la transaction, les partenaires mexicains de la CDPQ mettront la main sur 49 % de sa participation dans sa coentreprise avec Empresas ICA — la plus importante firme de construction au Mexique —, qui détient entre autres quatre concessions de route à péage.

En entrevue, M. Tall a expliqué que la Caisse pourrait bien reproduire ce modèle de coinvestissement dans d’autres marchés émergents comme la Colombie, l’Amérique latine, l’Inde ainsi que le sud-est asiatique.

« Nous souhaitons le dupliquer dans quelques marchés ciblés », a affirmé le vice-président principal aux placements privés et infrastructures de l’institution québécoise.

À terme, la Caisse souhaite que les marchés émergents représentent entre 10 et 15 % de son portefeuille d’infrastructures, comparativement à moins de 5 % actuellement.

Au cours des 15 dernières années, le gestionnaire de régimes de retraite a notamment acquis des participations dans le port de Brisbane en Australie, l’aéroport britannique Heathrow et le réseau ferroviaire à grande vitesse Eurostar.

Depuis que sa filiale CDPQ Infra a vu le jour, la Caisse évalue actuellement au Québec deux projets nécessitant des investissements totaux de 5 milliards, soit le système de transport collectif sur le nouveau pont Champlain en plus du lien ferroviaire devant relier l’aéroport Montréal-Trudeau à l’ouest de Montréal.

« Nous avons démarré les études techniques, environnementales, économiques et financières et nous avons entre 12 et 18 mois pour revenir au gouvernement (du Québec) avec une, deux ou trois options », a expliqué M. Tall.

La CDPQ — qui fête son 50e anniversaire cette année — est le deuxième plus important gestionnaire de régimes de retraite au pays avec un actif net de 240,8 milliards en date du 30 juin dernier.

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