Le voyagiste se met en mode expansion - Transat a doublé son bénéfice en 2003

Une gestion serrée a permis à Transat A.T. de contourner les obstacles en 2003. Le voyagiste intégré, qui figure parmi les dix plus grandes puissances mondiales de l'industrie des voyages vacances, a doublé son bénéfice net, aidé en cela par une reprise hivernale en 2002-03 qui devrait se répéter cette année. Parlant de retour en forme de l'industrie et d'une restructuration «à peu près complétée», Transat se met en mode expansion.

Question d'illustrer cette gestion rigoureuse, Transat A.T. a dégagé un bénéfice net sur activités poursuivies de 17,1 millions, ou de 50 ¢ par action, au quatrième trimestre clos le 31 octobre 2003, contre 7,4 millions (20 ¢ l'action) au quatrième trimestre de 2002. Cette performance a été obtenue malgré un recul de 21 % des revenus, de 512,7 millions à 404,6 millions, entre les deux trimestres de comparaison.

Ce faisant, pour l'ensemble de l'exercice 2003, le bénéfice net sur activités poursuivies a été de 22,2 millions, ou de 58 ¢ par action, contre 11,7 millions, ou 30 ¢ l'action, un an plus tôt. Ce doublement a été réalisé malgré des revenus quasi stationnaires, à 2,1 milliards contre 2,07 milliards.

Au total, le bénéfice net de 2003 s'est toutefois établi à 44,9 millions, ou à 1,27 $ par action. Cette donnée tient compte d'un gain extraordinaire de 54,1 millions découlant de la vente en octobre dernier, pour 83,2 millions, de l'agence de voyages en ligne française Anyway et d'une charge non récurrente de 31,3 millions après impôts liée aux efforts de restructuration du voyagiste. Ces efforts se sont traduits par la rationalisation de la flotte d'aéronefs de Transat avec, pour résultats, une réduction de 25 % de la capacité et l'élimination de 500 emplois au sein de la filiale aérienne. Des licenciements additionnels, de 150 employés, ont découlé de la réorganisation des activités d'Americanada alors qu'en France, le retour à la rentabilité de Look Voyages, prévu désormais pour 2005, prévoit l'élimination de 90 emplois et l'injection d'une somme additionnelle de 15 millions dans les activités françaises.

Raffermissement de prix

Le président et chef de la direction de Transat A.T., Jean-Marc Eustache, a précisé que la croissance est venue en 2003 d'un raffermissement de prix, le nombre total de voyageurs diminuant de 4,4 %. Plus précisément, les revenus de la saison d'hiver 2002-03 ont augmenté de 16 %, sous le coup d'une fermeté des prix accompagnée d'une hausse de 10 % du nombre de voyageurs. La saison d'été a cependant été plus problématique, sous le poids des effets du SRAS. Les revenus estivaux ont chuté de 16 %, le recul venant d'une diminution de 19 % du nombre de voyageurs.

Reposant sur des liquidités de quelque 350 millions à la fin d'octobre, Transat A.T. parle d'une «restructuration à peu près complétée». De plus, «la société s'attend à un rendement solide durant la saison d'hiver et à une amélioration des résultats pour l'été, après les effets dévastateurs du SRAS sur cette saison 2003», a soutenu Jean-Marc Eustache, qui ajoute que, dans l'ensemble, les réservations pour la saison d'hiver, présentement en hausse de 10 % par rapport à l'an dernier, «vont bon train».

Au cours d'un appel conférence, le numéro un de Transat A.T. a souligné qu'un retour en forme de l'industrie permettra au voyagiste intégré de reprendre lentement le chemin de l'expansion. Le plan d'affaires concocté, susceptible d'être activé l'an prochain, devrait prévoir un accroissement de ses parts sur le marché ontarien, hautement concurrentiel, à 35 ou 40 %, contre un peu moins de 30 % présentement. Transat devrait également revenir à son scénario, mis de côté il y a trois ans, prévoyant l'acquisition d'un tour opérateur aux États-Unis.