GM écope d’une amende de 900 millions

Le siège social de General Motors
Photo: Paul Sancya Associated Press Le siège social de General Motors

General Motors (GM) a écopé jeudi d’une amende de 900 millions de dollars pour avoir dissimulé des informations concernant un défaut mécanique lié à 124 morts et des centaines de blessés, refermant ainsi le volet le plus explosif de ce scandale ayant terni son image.

Cet accord va éviter dans l’immédiat des poursuites pénales au constructeur automobile, qui a dû, en 2014, rappeler 2,6 millions de Chevrolet Cobalt, Saturn Ion, Pontiac 5, Sky et Solstice produites entre 2003 et 2011, près de dix ans après avoir détecté le problème, a annoncé le département de la Justice américain. Aucun responsable du géant de Detroit n’a été inculpé, malgré une enquête interne ayant révélé des dysfonctionnements et conduit au licenciement d’une quinzaine de personnes. Les avocats des familles de victimes accusaient les dirigeants passés et présents de GM, dont la patronne Mary Barra, d’avoir été au courant du défaut et de ne pas avoir réagi.

Le montant de la pénalité financière est inférieur au 1,2 milliard dont s’était acquitté le japonais Toyota en 2014 aux États-Unis, pour des problèmes d’accélération inopinée. Cette différence de traitement s’explique par le fait que GM a coopéré, souligne le ministère. C’est un accord « quelque peu positif » pour GM, estiment les analystes de RBC Capital Markets, qui s’attendaient à une pénalité de 1,5 milliard.

« GM a reconnu avoir manqué de révéler à son régulateur et au public un défaut de sécurité potentiellement mortel qui pouvait causer le non déploiement des sacs gonflables dans certains de ses modèles, et avoir en outre trompé les consommateurs sur la sécurité des véhicules affectés », écrit le département de la Justice.

Les enquêteurs ont établi que le premier groupe automobile américain s’était rendu coupable d’actes délictueux en trompant les régulateurs (l’agence fédérale de la sécurité routière NHTSA) sur l’étendue du problème ou en s’abstenant de rappeler promptement les véhicules défectueux, affirment-ils.

L’opprobre

GM et Mary Barra, première femme à diriger un grand groupe automobile, sont englués depuis près de deux ans dans cette affaire qui leur a valu l’opprobre d’élus du Congrès. Il est reproché au constructeur automobile d’avoir commercialisé des voitures dont le moteur pouvait subitement s’éteindre, bloquant la direction assistée et empêchant le déploiement des sacs gonflables.

Environ 124 décès et 275 blessés (légers et graves) liés à ce défaut avaient été recensés au 21 août par le fonds d’indemnisation mis en place par le groupe. Jusqu’à l’annonce de la création de ce fonds il y a plus d’un an, GM ne reconnaissait que 13 décès.

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