Leitão se rallie au consensus

Carlos Leitão
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Carlos Leitão

La croissance économique du Québec en 2015 ne sera probablement pas de 2 %, comme le prévoit depuis des mois le ministère des Finances, et celui-ci pourrait profiter de la mise à jour économique automnale pour réviser ses attentes à la baisse.


Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a affirmé lors d’une conférence téléphonique que le gouvernement a toujours bon espoir d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016, mais que force est d’admettre que les conditions économiques ne sont pas celles qui avaient été imaginées au départ.


« On va faire nos devoirs, mais il est fort probable que la croissance de 2 % qu’on avait prévue en mars dernier ne puisse pas se concrétiser », a dit M. Leitão. La conférence téléphonique a eu lieu mercredi et portait sur le Rapport mensuel des opérations financières au 30 juin. L’embargo sur son contenu a été levé vendredi à 17 h pour concorder avec la publication du Rapport.


Ces propos surviennent alors que bon nombre d’établissements financiers tablent sur des hypothèses de faible croissance pour l’année 2015. Il y a deux semaines, lors de la publication des données du PIB québécois du mois de mai, la Banque Nationale a brossé un portrait peu reluisant des conditions actuelles. « La faiblesse des derniers mois est telle qu’il serait étonnant que la croissance économique égale en 2015 le taux de 1,4 % enregistré en 2014 », a-t-elle écrit.


Au Mouvement Desjardins, le troisième repli économique observé en mai (-0,5 %) avait, là aussi, soulevé un doute. « L’importance du recul plombe la moyenne cumulative pour l’année en cours. Celle-ci se chiffre maintenant à seulement 1,1 %. Notre scénario de prévisions qui table sur une croissance du PIB réel de 1,3 % en 2015 devra sans doute être encore revu à la baisse », avait-il écrit dans une note d’analyse.


Détérioration


Le ministre Leitão, ancien économiste en chef à la Banque Laurentienne, a mentionné que les prévisions initiales de croissance pour l’économie ontarienne évoquaient un taux de 2,8 % pour 2015. « Mais maintenant, le consensus est aux alentours de 2 %. Il y a eu une détérioration là-bas aussi », a-t-il dit aux journalistes.


« Ici, on prévoyait 2 %. Maintenant, il y en a qui disent que ça sera 1,3 %, tandis que d’autres sont à 1,6 % ou 1,7 %. On va faire nos devoirs, et c’est fort probable que ça ne soit pas 2 %, mais on va être proche du consensus », a ajouté M. Leitão.


Malgré cela, le ministre s’est dit confiant à l’idée d’atteindre l’équilibre budgétaire, comme le prévoit déjà le gouvernement Couillard pour l’exercice 2015-2016. « On ne voit pas de détérioration dans nos revenus. Même si le PIB est un peu moins robuste, les dépenses de consommation, les activités qui rapportent des revenus à l’État ne semblent pas être trop affectées », a-t-il dit.


Selon le Rapport mensuel des opérations financières, le gouvernement québécois a bouclé son premier trimestre 2015-2016, qui couvre les mois d’avril à juin, sur un déficit de 675 millions, deux fois moins que l’an dernier.


Québec a notamment profité d’une forte croissance des revenus provenant de l’impôt des entreprises, qui ont bondi de 34 % à 946 millions. Cela pourrait être, entre autres, un résultat de la hausse des exportations, a avancé M. Leitão.


Dans l’ensemble, les revenus du gouvernement, à la fois des impôts et des taxes, mais aussi des entreprises gouvernementales et des transferts fédéraux, ont augmenté de 3,8 %.


Par ailleurs, les dépenses ont augmenté de 0,6 %. Ce chiffre est le résultat d’une hausse de 1,1 % des dépenses de programmes, mais d’une baisse de 4,1 % du service de la dette.


Pour l’ensemble de l’exercice 2015-2016, Québec a indiqué dans son budget du mois de mars qu’il veut limiter à 1,2 % la hausse des dépenses de programmes, lesquelles augmenteraient ensuite de 2,2 % en 2016-2017.

À voir en vidéo