Des intérêts chinois auraient offert d’acheter Bombardier Transport

Bombardier a déjà annoncé qu’il inscrirait en Bourse une partie minoritaire de sa division Transport.
Photo: François Lo Presti Agence France-Presse Bombardier a déjà annoncé qu’il inscrirait en Bourse une partie minoritaire de sa division Transport.

Le groupe Bombardier n’a pas voulu faire de commentaires, mais les informations concernant une offre d’achat venue de Chine pour sa division Transport ont entraîné mercredi un gain de 23 % en Bourse.

L’action de Bombardier, quand même en baisse de 65 % cette année, a terminé la séance en hausse de 27 cents à 1,46 $ à la Bourse de Toronto, où elle a été de loin le titre le plus négocié. À la fin de la journée, la valeur boursière de la société se chiffrait à 3,3 milliards.

Le bureau pékinois de l’agence de presse Reuters a écrit mercredi qu’une société d’État chinoise spécialisée dans la gestion de 18 lignes de transport en milieu urbain, Beijing Infrastructure Investment (BII), a offert d’acquérir entre 60 % et 100 % de Bombardier Transport.

L’agence affirme avoir elle-même vu le document officiel décrivant l’offre, laquelle établit pour la division Transport une valorisation de 7 ou 8 milliards de dollars américains. Cela inclut la prise en charge de la dette.

« BII et Bombardier Transport auront une relation synergique incomparable, et la combinaison créera un chef de file de classe mondiale », a écrit le président du conseil de la société chinoise, Tian Zhenqing, à Pierre Beaudoin, président exécutif du conseil de Bombardier. La lettre est datée du 14 août.

Selon Reuters, Bombardier a répondu une semaine plus tard en affirmant que « nous ne sommes pas actuellement à la recherche d’une transaction s’articulant autour d’une participation majoritaire ».

Au cours des derniers mois, les rumeurs ont fait couler beaucoup d’encre au sujet de Bombardier et les évaluations de sa valeur ont généralement tourné autour de 5 milliards, sans tenir compte de la dette.

Entrée en Bourse

 

Bombardier a déjà l’intention d’inscrire en Bourse une partie minoritaire de sa division Transport, qui construit du matériel roulant pour les trains de banlieue et les systèmes de métro partout dans le monde.

« On ne fera aucun commentaire », a dit une porte-parole de Bombardier, Isabelle Rondeau. « On étudie différentes avenues », a-t-elle ajouté en répétant, comme l’entreprise le fait généralement, que Bombardier ne souhaite pas faire des spéculations sur la tournure possible des événements.

D’autres rumeurs circulant cet été ont affirmé que Bombardier avait commencé des discussions avec Siemens, un autre gros acteur de l’industrie.

Le programme CSeries de Bombardier coûte plus cher que ce qui était prévu à l’origine, et cela a entraîné au sein de l’entreprise de la famille Bombardier-Beaudoin un certain nombre de changements depuis quelques mois. Parmi ceux-ci figurent des changements à la direction, une émission d’actions, la suspension du dividende afin de conserver un maximum de trésorerie et l’étude de divers scénarios du côté de sa division Transport.

L’an dernier, la division Transport, qui compte près de 40 000 employés, principalement en Europe, a généré des ventes de 9,6 milliards et des profits de 429 millions. De son côté, la division Aéronautique a généré un chiffre d’affaires de 10,5 milliards, mais une perte de 995 millions. Elle compte moins de 35 000 employés.

Au mois de juillet, un analyste de Valeurs Mobilières Desjardins, Benoit Poirier, a écrit dans une note aux clients que l’entreprise est sur la bonne voie grâce aux gestes posés par la nouvelle direction et que « l’appel public à l’épargne devrait être un succès ».

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