La Caisse réduit sa participation dans Québecor Média

À l’origine, la Caisse détenait 45,3 % de Québecor Média mais s’est départie d’un premier bloc d’actions en 2012 pour la somme de 1,5 milliard.
Photo: Annik MH De Carufel, Archives Le Devoir À l’origine, la Caisse détenait 45,3 % de Québecor Média mais s’est départie d’un premier bloc d’actions en 2012 pour la somme de 1,5 milliard.

La Caisse de dépôt et placement se dirige graduellement vers un retrait complet de Québecor Média, ayant vendu un nouveau bloc d’actions pour 500 millions afin de faire passer sa participation de 24,6 % à 18,93 %.

La Caisse de dépôt, qui détenait jadis 45,3 % de la filiale de Québecor, en est à sa deuxième opération de retrait. En 2012, Québecor lui a versé un milliard en argent comptant et 500 millions sous forme de débentures convertibles.

« Cette transaction s’inscrit dans la démarche annoncée en octobre 2012 où nous amorcions un plan d’achat des actions que détient la Caisse de dépôt et placement du Québec dans Québecor Média », a dit le chef de la direction financière de Québecor, Jean-François Pruneau. « Nous réitérons notre souhait que, à terme, Québecor détienne la globalité des actions de Québecor Média. »

De manière concrète, la transaction annoncée mercredi porte sur l’achat puis l’annulation de 7,3 millions d’actions ordinaires que la Caisse avait entre les mains. Par conséquent, le groupe Québecor détient maintenant 81,07 % de sa filiale.

En 2012, la valeur de la position de 45,3 % était estimée à 2,75 milliards. Celle de la position de 24,6 %, par la suite, a été évaluée à 1,25 milliard. En fonction des 500 millions visant mercredi à mettre la main sur 28 % de la position restante de la Caisse, on peut déduire que le placement de 1,25 milliard était maintenant estimé, par Québecor, à 1,75 milliard.

« Nous poursuivons le rééquilibrage de notre portefeuille amorcé en 2012 », a affirmé Christian Dubé, premier vice-président, Québec, à la Caisse de dépôt. « Après cette transaction, nous conservons une participation importante dans Québecor Média, une entreprise qui nous offre encore de bonnes perspectives de création de valeur. »

Transaction historique

 

La participation de la Caisse dans la filiale de Québecor remonte à l’an 2000. À l’époque, Rogers tente d’acquérir Vidéotron, ce qui déclenche un élan de protectionnisme dans certains milieux d’affaires. La Caisse et Québecor se mettent à table et conviennent alors de créer Québecor Média afin de bloquer la transaction proposée par l’entreprise torontoise. Au total, la Caisse a investi 3,2 milliards dans une transaction dont la facture totale a été de 4,9 milliards.

L’entente de 2012 entre Québecor et la Caisse permettra à celle-ci, au 1er janvier 2019, de vendre le reste de ses actions à un tiers ou de demander à Québecor d’effectuer un appel public à l’épargne. À l’époque, le président de la Caisse, Michael Sabia, avait déclaré que « nous sommes convaincus du potentiel de QMI à créer de la valeur » et que « c’est pourquoi nous conservons une participation significative dans l’entreprise ».

De son côté, l’actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, aujourd’hui chef du Parti québécois, avait affirmé que l’entreprise souhaitait bondir sur les conditions avantageuses qui s’offraient à elle sur le marché de l’emprunt.

La transaction survient alors que Québecor continue à réfléchir à une éventuelle expansion dans la téléphonie sans fil à l’extérieur du Québec. La compagnie, qui ne tenait pas à s’y aventurer à tout prix, a déjà affirmé qu’un certain nombre de conditions devaient se mettre en place, dont celles ayant trait aux tarifs d’itinérance facturés aux plus petits joueurs par les titulaires comme Bell, Telus et Rogers.

Un analyste cité par La Presse canadienne mercredi a évoqué l’hypothèse que l’argent de Québecor serait plus constructif dans le rachat d’actions que dans une poussée hors Québec.

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