Pour la somme d'environ 60 milliards $US - JP Morgan Chase achète Bank One

Washington - La banque américaine JP Morgan Chase va acheter sa rivale Bank One dans une transaction estimée à environ 60 milliards $US et qui créera la deuxième banque des Etats-Unis, selon un communiqué de JP Morgan Chase.

La transaction, qui en raison de sa taille va bouleverser le paysage bancaire américain, se fera entièrement par échange d'actions.

Les actionnaires de Bank One recevront 1,32 action JP Morgan Chase pour chaque action de leur banque, soit environ 51,7 $US par titre Bank One sur la base du cours de clôture du titre JP Morgan Chase, à 39,22 $US, à la Bourse de New York hier. Cela valorise la transaction à quelque 58 milliards $US.

Le nouveau géant bancaire, qui se positionnera juste derrière Citigroup, disposera de 2300 succursales dans 17 États fédérés et aura des actifs de 1100 milliards. La transaction a reçu l'approbation unanime des conseils d'administration des deux banques, précise le communiqué. Le nouveau géant bancaire gardera le nom de JP Morgan Chase.

La banque sera dirigée dans un premier temps par William Harrison, 60 ans et actuel p.-d.g. de JP Morgan Chase, avant qu'il ne cède sa place de p.-d.g. en 2006 à Jamie Dimon, 47 ans, actuel p.-d.g. de Bank One. Il deviendra alors président du conseil d'administration.

M. Dimon, qui jusque-là occupera le poste de numéro deux du nouvel ensemble, est considéré comme l'un des «petits génies» de la banque qui a fait ses classes pendant de nombreuses années avec le légendaire Sandy Weill, le «bâtisseur» de Citigroup le premier groupe financier du monde.

Renforcer les activités de détail

Cette acquisition renforcera considérablement les activités de détail de la nouvelle banque, en particulier dans le Midwest, le coeur agricole du pays.

Elle permettra à JP Morgan Chase de réduire l'importance du courtage et de la banque d'investissement qui ont tendance à rendre les résultats très fluctuants, a commenté Brock Vandervliet, analyste de Lehman Brothers sur la chaîne financière CNBC. «Il semble que la prime soit modeste et je crois que c'est une transaction qui est plutôt bien valorisée», a-t-il ajouté.

Mais Sandy Weill, actuellement président du conseil d'amdinistration de Citigroup, détient toujours le titre de la plus grande fusion financière aux États-Unis. En 1998, lorsqu'il était à la tête de Travelers il avait pris le contrôle de Citibank pour quelque 70 milliards $US.