À la demande du ministre Michel Audet - La vérificatrice générale se penche sur les pratiques administratives de la SGF

Les pratiques administratives de la Société générale de financement (SGF), qui ont fait couler beaucoup d'encre à la fin de l'année 2003, seront scrutées à la loupe par la vérificatrice générale du Québec au cours des prochains mois.

«Les éléments d'un rapport de vérification interne de la SGF rendus publics en décembre dernier nous incitent à confier un mandat particulier de vérification des livres et des comptes de cette société et de ses filiales afin de faire toute la lumière à ce propos», a indiqué hier le ministre du Développement économique et régional Michel Audet, qui est aussi responsable de l'institution.

Dans les faits, des employés de la vérificatrice Doris Paradis sont déjà à la SGF depuis quelques jours. Il est difficile de dire combien de temps prendra leur travail.

Montant des dépenses

Le ministre leur a demandé de s'attarder sur «le respect des règles de saine gestion quant au montant des dépenses encourues pour l'étude des projets d'investissement et la pertinence de ces dépenses, ainsi que le processus d'attribution et d'exécution des contrats de services professionnels».

Une attention particulière sera portée aux contrats ayant une valeur de 20 000 $ à 100 000 $.

Mme Paradis et son équipe devront aussi se pencher sur les politiques de rémunération des dirigeants de la société d'État, ainsi qu'à leurs bonis au rendement, incluant les comptes de dépense et les frais de représentation.

Le ministre Audet souhaite avoir le rapport dans les plus brefs délais. «Cet exercice permettra de faire la lumière sur les principes de gouverne en vigueur à la SGF et sur les façons de gérer cet organisme. Les résultats observés pourront aussi permettre de mettre en place, le cas échéant, les mesures correctives appropriées», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Arrivé en poste au lendemain de l'élection de Jean Charest, en mai, le p.-d.g. Henri A. Roy n'a toutefois pas attendu l'intervention de la vérificatrice pour agir. «Un des premiers gestes que j'ai posé, en arrivant, a été de nommer un vérificateur interne, qui nous a fait rapport sur ces questions», a-t-il précisé en entrevue.

Les politiques de rémunération et d'attribution de contrat ont déjà été modifiées, tout comme les frais de représentation admissibles. «Mais le travail de la vérificatrice générale nous permettra de voir certaines choses plus en détail et s'il y a moyen d'améliorer les choses encore, nous le ferons», a-t-il insisté.

Le 16 décembre dernier, le ministre des Finances du Québec, Yves Séguin, avait chiffré à 500 millions la valeur des pertes de la société d'investissement pour l'année 2003. Ces résultats encore provisoires avaient été établis par la direction de l'institution avec l'aide de firmes externes et du contrôleur des finances du gouvernement.

En dépit de ce rendement décevant, certains anciens dirigeants de l'institution avaient encaissé des primes représentant plus de 40 % de leur rémunération entre 1998 et 2002.