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San Francisco conserve Les Ailes

Le Groupe San Francisco dépose aujourd'hui devant la Cour supérieure son plan de restructuration qui contient des mesures draconiennes, notamment la vente d'éléments d'actif, le resserrement des dépenses par la fermeture de quelques magasins non rentables et le licenciement de personnel. Cela permettrait de dégager des économies récurrentes de 8,5 millions par année et offrirait aux créanciers un meilleur arrangement qu'une simple faillite, fait-on valoir dans ce document.

Ce plan tel que conçu par Gaétan Frigon, récemment nommé chef de la restructuration, et conçu en collaboration avec le contrôleur Richter & associés, propose la concentration des activités dans deux secteurs stratégiques. D'une part, il y aurait Les Ailes de la mode, qui comptent quatre magasins en comptant celui du centre-ville de Montréal, lequel fermerait temporairement ses portes. D'autre part, le groupe conserverait la division des maillots exploitée sous les enseignes Bikini Village (39 magasins) et San Francisco Maillots (21 magasins).

Par ailleurs, on retrouve dans les actifs non stratégiques les enseignes San Francisco (36 magasins) et Victoire Delage - Moments intimes (18 magasins), qui seront tous vendus. Mais dans l'intervalle, l'exploitation de ces commerces continue «pour maximiser la valeur de ces actifs».

Les Ailes du centre-ville

En ce qui concerne le magasin Les Ailes de la mode au centre-ville de Montréal, il y aura liquidation des stocks et fermeture temporaire de l'établissement d'ici le 30 avril 2004. La superficie de ce magasin sera ramenée de 225 000 à 75 000 pieds carrés, à la condition toutefois que les négociations avec le propriétaire de l'immeuble, Ivanhoé Cambridge, connaissent un dénouement favorable. Ce magasin, dont la réouverture aurait lieu en août prochain, présenterait le même concept que les trois autres magasins Les Ailes de la mode, à Brossard, Laval et Québec.

Le siège social de Boucherville serait vendu et le personnel administratif serait relocalisé dans une partie du magasin Les Ailes de la mode à Brossard. Seraient aussi vendus quatre magasins non rentables des enseignes Bikini Village et San Francisco Maillots. Il y aurait une importante réduction des frais généraux dès maintenant et pour tout le reste de l'année, pour des économies annuelles récurrentes de 8,5 millions. Il y aurait diminution du personnel au siège social et dans les magasins Les Ailes de la mode ainsi que réduction des coûts au centre de distribution et aux services d'achat et de publicité.

En plus de toutes ces mesures qui s'appliqueraient en plusieurs étapes, le plan de restructuration prévoit une recapitalisation de l'entreprise, comprenant une modification et une simplification de la structure de capital. On pense notamment à l'injection de capitaux privés ou autres.

Le groupe demande à la cour des pouvoirs additionnels pour disposer d'éléments d'actif, à la condition que les banques donnent leur aval. Il veut aussi plus de pouvoirs pour mettre fin à certains contrats ou arrangements, plus de pouvoirs aussi pour congédier du personnel de façon définitive ou temporaire.

Tout ce plan devrait être mis en application progressivement. Afin d'y donner suite, M. Frigon propose la nomination de Jean-Claude Gagnon comme chef intérimaire de l'exploitation et de Laurent Mériaux comme chef intérimaire des finances, deux hommes d'expérience, souligne-t-on.

«Le plan proposé vise à permettre au groupe de résoudre définitivement ses problèmes financiers, principalement causés par le magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal, et à lui permettre de repartir sur des bases viables, dans un contexte de continuité. Nous sommes confiants que grâce à ce plan, le groupe pourra poursuivre ses activités de manière rentable et générer les liquidités nécessaires à son développement futur», a déclaré M. Frigon.

Le chef de la restructuration fait en outre valoir que la réalisation de ce plan serait du meilleur intérêt des créanciers, avec lesquels le groupe se proposerait de négocier un arrangement final une fois que le plan aura été suffisamment mis en application. La Cour supérieure doit approuver ce plan ou alors demander certaines modifications. Son rejet pur et simple signifierait la fin immédiate de cette entreprise qui compte actuellement 2600 employés.