Les exportations gagnent du terrain

Du côté des États-Unis, les exportations canadiennes avaient déjà augmenté de 6,2 % en juin et ont augmenté encore de 2,1 % le mois d’après, à 34,7 milliards.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Du côté des États-Unis, les exportations canadiennes avaient déjà augmenté de 6,2 % en juin et ont augmenté encore de 2,1 % le mois d’après, à 34,7 milliards.

Les exportations canadiennes continuent de reprendre du poil de la bête, ce qui est de bon augure pour l’ensemble de l’économie.

Les revenus des exportateurs canadiens ont poursuivi sur leur lancée de juin et augmenté de 2,3 % au mois de juillet, à 45,5 milliards, a rapporté jeudi Statistique Canada. Comme le total des importations n’a crû au même moment que de 1,7 %, à 46,1 milliards, le pays a légèrement amélioré son solde commercial. S’élevant encore à près de 3 milliards en mai, son déficit était déjà tombé à 811 millions en juin (plutôt que de 476 millions comme on l’avait annoncé initialement), et n’était plus que de 593 millions en juillet, son meilleur résultat depuis le début de l’effondrement des cours du pétrole l’automne dernier.

Prévoyant un repli après les gains enregistrés en juin, les analystes s’attendaient plutôt à une remontée du déficit à 1,3 milliard, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Un coup de pouce de… la Chine

Espérée depuis longtemps avec l’accélération de la croissance aux États-Unis — qui comptent toujours pour plus des trois quarts du commerce international canadien — et l’avantage que devrait conférer aux exportateurs canadiens la dépréciation de 20 % en un an du huard par rapport au billet vert, la remontée commerciale du Canada a emprunté un détour inattendu au mois de juillet.

C’est, en effet, cette fois des pays autres que les États-Unis que la baisse du déficit commercial global est venue, avec une augmentation des ventes à l’étranger de 2,9 % en juillet, à 10,7 milliards, et une diminution des importations de 3,1 %, à 15 milliards, pour une diminution du déficit commercial de 5,2 milliards à 4,4 milliards. Le Canada a particulièrement bien fait en Chine, avec une hausse de ses exportations de presque 12 %, de même qu’au Royaume-Uni, avec une diminution de ses importations de 40 %.

« Il faut se méfier de ce type de chiffres, parce que les volumes d’échanges sont beaucoup moins grands qu’avec les États-Unis et qu’ils peuvent être sujets à de grandes variations mensuelles », a expliqué toutefois au Devoir l’économiste du Mouvement Desjardins Benoit P. Durocher.

Du côté des États-Unis, les exportations canadiennes avaient déjà augmenté de 6,2 % en juin et ont augmenté encore de 2,1 % le mois d’après, à 34,7 milliards. Mais cette fois-ci, les importations ont augmenté de 4,3 % en juillet, à presque 31 milliards, réduisant le surplus commercial du Canada avec les États-Unis de 4,4 milliards à 3,8 milliards. Cela reste toutefois mieux que le surplus de 2,4 milliards en mai.

Sortir de la récession

 

« Ce sont de très bons chiffres. Cela semble confirmer la belle reprise amorcée au mois de juin. Le commerce devrait aider l’économie canadienne à rebondir au troisième trimestre »,a commenté Benoit P. Durocher.

Plus tôt cette semaine, on apprenait que le Canada avait connu en première moitié d’année deux trimestres de croissance négative consécutifs, répondant à la définition technique d’une récession pour les économistes.

« Si la reprise du commerce se maintient durant quelques mois, on devrait voir revenir la confiance des entreprises et avec elle leurs investissements qui ont tellement fait défaut à la croissance jusqu’à présent », a poursuivi l’économiste du Mouvement Desjardins.

Le Canada n’est toutefois pas encore tiré d’affaire, a fait remarquer son confrère de la Banque Nationale Krishen Rangasamy. « La faiblesse de l’économie mondiale plafonne toujours les cours des matières premières […]. De plus, la faiblesse du huard est à double tranchant ; si ses avantages pour les exportateurs sont bienvenus, les coûts croissants des importations ne le sont pas. »

La montée des exportations canadiennes en juillet est venue des produits non énergétiques. Les recettes des exportations de véhicules et de pièces automobiles ont ainsi augmenté de presque 10 %, à raison d’une hausse de 6,5 % des volumes et de 3,2 % du prix en dollars canadiens qu’on pouvait en tirer. Les exportations de biens de consommation (+1,4 % des volumes et +5,9 % des prix) et d’aéronefs et de leurs pièces ont aussi bien fait.

Les exportations de produits énergétiques, comme le pétrole, ont accusé quant à eux un recul de 35 % en 12 mois. Leurs recettes ont encore baissé de 5,7 % en juillet, en raison d’un autre repli de 6,9 % des prix et en dépit d’une légère augmentation de 1,3 % des quantités vendues.



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