Un système «bien positionné»

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Le système de retraite canadien semble « relativement bien positionné » pour affronter l’allongement des prestations causé par le vieillissement de la population et constitue un avantage compétitif par rapport aux autres pays développés, affirme une analyse de la Financière Banque Nationale (FBN).

Dans un document qui brosse un portrait comparatif des trois grands gestionnaires de régimes publics — le Régime de pensions du Canada, la Caisse de dépôt et placement et Investissements PSP —, la FBN souligne que ceux-ci empruntent peu et ont enregistré d’importants rendements qui permettront d’amortir l’engourdissement des rendements boursiers.

« Alors que les marchés boursiers vont refroidir les rendements à court terme, les gestionnaires des plus gros bassins d’épargne publique affichent des rendements à la fois robustes et supérieurs aux objectifs », a écrit l’établissement.

Les trois ont généré des rendements annuels supérieurs « dans les deux chiffres » au cours des cinq dernières années. Alors que les actifs de l’Office d’investissement du régime de pension du Canada (OIRPC) atteignent 265 milliards, ceux de la Caisse, qui gère l’épargne d’une trentaine de grands déposants, se chiffrent à un actif de 226 milliards. Investissements PSP, responsable de faire fructifier l’épargne des fonctionnaires fédéraux, de la GRC et des Forces armées, gère des actifs de 112 milliards. Chacun des trois jouit d’une cote AAA auprès des grandes agences de notation, conséquence de leur faible recours aux emprunts.

Le président de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, a l’habitude de tempérer les attentes et a affirmé récemment qu’il serait de plus en plus difficile de générer les mêmes rendements que ceux des dernières années. Il y a deux semaines, la Caisse a indiqué que, sur quatre ans, les rendements annualisés atteignent 10,2 %.

Défis et risques

Pour chacun des trois investisseurs, la FBN a dressé un certain nombre de défis et de risques. Parmi ceux de la Caisse, par exemple, figurent le « double mandat », la « concentration géographique au Québec » et le fait que Standard & Poor’s ne donne jamais à la Caisse une cote dépassant de quatre niveaux celle du gouvernement québécois. Pour l’OIRPC, un des défis sera de « surveiller le risque des investissements alternatifs », alors que, pour PSP, il s’agit d’« adapter les stratégies d’investissement aux actifs ».

L’auteur de la note, Warren Lovely, qui dirige la recherche portant sur le secteur public, souligne qu’un des événements marquants des derniers mois s’est produit à l’OIRPC. « La filiale CPPIB Capital a émis sa première obligation au mois de juin [un milliard remboursable dans cinq ans] et a l’intention d’être un émetteur régulier dans les marchés obligataires, a-t-il affirmé au Devoir. C’est un développement significatif. »

De leur côté, Investissements PSP et la Caisse sont déjà des émetteurs dans le marché obligataire.

« Les réformes visant à assurer un financement stable et à construire des assises solides pour l’avenir ont commencé il y a des années », a ajouté M. Warren. « Quand même, l’avantage relatif du Canada vis-à-vis d’un certain nombre de pays développés est frappant. »

La FBN cite en exemple la Régie des rentes, dont l’actif totalise 52 milliards et qui occupe au Québec le rôle joué dans le reste du pays par le Régime de pensions du Canada. « Les hausses de cotisations prévues et les rendements vont amener l’actif à 100 milliards en 20 ans. Il sera alors trois fois plus élevé que les sorties de fonds de l’année suivante. »

Il y a deux ans, un comité d’experts avait lancé l’idée d’une « rente longévité », financée par les employeurs et les travailleurs, qui serait versée à partir de 75 ans afin de solidifier l’ensemble du système de retraite. Elle n’a pas survécu aux réticences du monde des affaires.

L’Ontario a récemment décidé de mettre sur pied son propre plan de retraite pour les travailleurs dont l’employeur n’offre aucun régime. Il sera financé à la fois par les travailleurs et les sociétés.