Les provinces, victimes de la chute du pétrole

Les investissements dans l’exploitation pétrolière et gazière devraient chuter de plus de 30%.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les investissements dans l’exploitation pétrolière et gazière devraient chuter de plus de 30%.

La baisse des prix du pétrole se fera ressentir sur les finances publiques de l’Alberta et de la Saskatchewan.

L’Alberta est en voie d’enregistrer un déficit de 5,9 milliards cette année, a annoncé le ministre des Finances de la province, Joe Ceci, lundi.

La dégringolade des prix du pétrole a frappé durement les entreprises et les ménages de la province, a-t-il expliqué après la publication des résultats du premier trimestre de l’exercice financier 2015-2016.

La Saskatchewan a annoncé, au même moment, qu’elle prévoit un déficit de 292 millions cette année en raison, elle aussi, de la baisse des prix du pétrole, mais également du coût de la lutte aux incendies de forêts qui ont contraint des milliers de personnes à quitter leurs foyers cet été. Dans son budget de mars, le gouvernement dirigé par le Parti saskatchewanais avait projeté un surplus de 100 millions.

Le gouvernement albertain ne désespère pas et s’attend malgré tout à ce que ses revenus atteignent 44,3 milliards grâce notamment à la baisse du dollar canadien et à la hausse des impôts des particuliers et des entreprises. Au cours du premier trimestre, les revenus provenant de l’exploitation pétrolière ont été supérieurs aux prévisions.

Trop optimiste?

Ces prévisions sont toutefois peut-être trop optimistes puisque les prix pétroliers ont glissé de façon importante en août.

Les investissements dans l’exploitation pétrolière et gazière devraient chuter de plus de 30 %. Le gouvernement prévoit également une faible baisse des ventes au détail, particulièrement au chapitre des véhicules neufs.

Le calvaire des sociétés pétrolières pourrait bien se poursuivre pendant encore au moins un an, à en croire les prévisions des prix des matières premières de la Banque Scotia dévoilées lundi.

D’après le rapport de la vice-présidente et spécialiste du marché des ressources naturelles de la Scotia, Patricia Mohr, les prix du pétrole brut devraient rester sous la barre des 50 $ US le baril pendant les 12 prochains mois.

Mme Mohr s’attend à ce que les cours connaissent une certaine reprise par la suite, pour terminer l’année 2016 aux environs de 55 $ US le baril.

Les autres producteurs gardent le rythme

Selon la Banque Scotia, les réserves de brut des États-Unis n’ont pas donné de signe de ralentissement, et un des facteurs clés à surveiller sera la résilience des producteurs du Texas face à un cours entre 40 $ US et 45 $ US le baril.

Entre-temps, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole augmentent leur production dans l’espoir de gagner des parts de marché en Asie, alors que l’Arabie saoudite se prépare à une longue lutte avec les producteurs de schiste des États-Unis, la Russie et l’Iran.

Du côté de la demande, Mme Mohr a noté que la croissance chinoise avait été remise en question, mais qu’il ne fallait pas réagir de façon démesurée à la nervosité qui prévaut actuellement.