La cote de Bombardier revue à la baisse

Le titre de Bombardier a plongé au cours des dernières semaines en raison des inquiétudes entourant les ventes du nouvel avion commercial CSeries.
Photo: François Mori La Presse canadienne Le titre de Bombardier a plongé au cours des dernières semaines en raison des inquiétudes entourant les ventes du nouvel avion commercial CSeries.

Une quatrième agence de notation, Dominion Bond Rating Service (DBRS), a décoté Bombardier (TSX : BBD.B) en raison des résultats décevants de la multinationale ainsi que de craintes liées à l’utilisation de ses liquidités.

La cote de la société établie à Montréal passe ainsi de B (élevé) à B, alors que ses perspectives à long terme demeurent « négatives », peut-on lire dans un récent rapport de l’agence torontoise.

Au cours des dernières semaines, Moody’s, Standard and Poor’s ainsi que Fitch avaient tout à tour abaissé la cote de crédit de Bombardier tout en maintenant leurs perspectives négatives.

Toutes ces décisions risquent entre autres de faire grimper les coûts d’emprunt du constructeur d’avions et de trains.

Le vice-président aux entreprises industrielles mondiales de DBRS, Tim O’Brien, souligne dans un rapport qu’au cours des 12 derniers mois, les résultats et niveaux de liquidités de Bombardier ont été « bien en deçà » des attentes de l’agence.

Depuis le début de l’année, la consommation des flux de trésorerie par le géant du transport a atteint près de 1,6 milliard $ US, ce qui préoccupe plusieurs analystes et observateurs du secteur.

« Les perspectives négatives reflètent l’utilisation des liquidités, les perspectives plus faibles […] en raison du recul de la demande dans les marchés émergents et l’incapacité de l’entreprise à décrocher des commandes fermes pour son avion CSeries », écrit M. O’Brien.

Arrêt du Learjet 85

 

Il montre aussi du doigt la suspension du développement de l’avion d’affaires Learjet 85 ainsi que des retards entourant les nouveaux Global 7000 et 8000. Bombardier a déjà indiqué que les premières livraisons du Global 7000 avaient été repoussées de deux ans, en 2018.

L’agence de notation estime tout de même que les flux de trésorerie, qui s’établissaient à 3,1 milliards $ US en date du 30 juin dernier, sont suffisants pour permettre à l’entreprise d’atteindre certains objectifs à court terme.

« En 2016, DBRS s’attend à ce que les dépenses en capital soient bien en deçà de la cible actuelle de 2 milliards $ US, écrit M. O’Brien. Cela représente un montant adéquat en ce qui a trait aux liquidités. »

DBRS croit que l’entrée en Bourse d’une partie de la division ferroviaire pourrait générer jusqu’à 1 milliard $ US, ce qui devrait soutenir les flux de trésorerie jusqu’en 2017.

« L’agence pourrait effectuer une révision à la baisse selon l’utilisation des liquidités et si le rendement de l’entreprise ne répond pas aux attentes », prévient M. O’Brien.

Au deuxième trimestre clos le 30 juin, Bombardier a vu ses profits fléchir de 19 pour cent, à 125 millions $ US, ou 6 cents US par action, alors que ses revenus sont passés de 4,9 milliards $ US à 4,6 milliards $ US. Sa dette atteignait quant à elle 9 milliards $ US.

Entre-temps, les investisseurs institutionnels auront l’occasion de poser des questions à la nouvelle direction de Bombardier dans le cadre d’une rencontre qui aura lieu à New York, le 24 novembre.

Le titre de Bombardier a plongé au cours des dernières semaines pour négocier à un creux en raison des inquiétudes entourant les ventes du nouvel avion commercial CSeries et du ralentissement dans le secteur des avions d’affaires.

Au cours des 52 dernières semaines à la Bourse de Toronto, l’action de l’avionneur, qui cotait à 4,43 $, a chuté jusqu’à 1,03 $. En après-midi, le titre se négociait 1,28 $, en hausse de trois cents, ou 2,4 %.

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