Malgré la conjoncture plus difficile, la Banque Royale demeure confiante

Le chef de la direction de la Banque Royale se dit con-fiant que l’institution saura s’adapter à la conjoncture économique plus difficile, et ce, même si son portefeuille de prêts commence à ressentir les impacts de la glissade des prix du brut.

« Je demeure confiant malgré cette période d’incertitude parce que les activités de la RBC sont diversifiées dans plusieurs secteurs et endroits et compte plusieurs catégories de clients, a expliqué mercredi David McKay, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre. Nous avons une approche stricte en ce qui a trait au risque et aux coûts. »

La RBC a relevé son dividende en dévoilant des profits de 2,48 milliards, ou 1,66 $ par action, en hausse de 4 % par rapport à la même période l’an dernier. Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, la banque a réalisé un bénéfice par action de 1,68 $. L’institution financière a fait savoir que son dividende trimestriel augmentera de 3 %, ou 2 ¢ par action, pour atteindre 79 ¢ par action.

Toutefois, la RBC a concédé qu’elle commence à être affectée par la baisse du prix du baril du pétrole, qui s’est récemment transigé à un creux n’ayant pas été observé depuis plusieurs années. « La situation actuelle présente des défis pour certains de nos clients, a dit M. McKay. Au cours du trimestre, nous avons vu une augmentation du côté des pertes sur créances. »

Pour la période de trois mois terminée le 31 juillet, elles ont bondi de 10 %, à 2,38 milliards, en hausse de 234 millions par rapport au trimestre précédent. De ce montant, 137 millions sont attribuables à la déprime du secteur des hydrocarbures.

La RBC est la deuxième banque à rapporter une augmentation des prêts douteux pour le trimestre s’échelonnant de mai à juillet. Mardi, la Banque de Montréal avait indiqué que ses pertes sur créances reliées au secteur des hydrocarbures étaient passées de 80 millions à 106 millions pour la même période. Les analystes estiment que les grandes banques canadiennes sont en mesure de gérer cette situation. Cela pourrait toutefois changer si le secteur des prêts aux particuliers éprouve des difficultés si le taux de chômage devait grimper.

Le chef de la gestion du risque, Mark Hughes, a expliqué aux analystes que l’institution financière était prudente par rapport à ses prévisions, ajoutant qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter concernant les prêts.

Près de la moitié des profits de la Banque Royale au troisième trimestre proviennent des services aux particuliers et aux entreprises, dont 1,24 milliard du côté de ses activités canadiennes — un record pour l’institution. La performance de certains autres secteurs a toutefois été inférieure par rapport au troisième trimestre de 2014.

Du côté des marchés des capitaux, le bénéfice net s’est établi à 545 millions, en recul de 15 % par rapport à son niveau record enregistré à la même période l’an dernier. Ce résultat s’explique en grande partie par la réduction des activités de négociation de titres à revenu fixe et de titres de participation. Le bénéfice net du secteur des assurances a fléchi de 19 % pour s’établir à 173 millions, ce qui est principalement attribuable à une modification des lois fiscales canadiennes entrée en vigueur le 1er novembre 2014.