Engagement sérieux ou voeu pieux?

Quatre pays seulement, dont la Grèce, ont accru leur lutte contre la corruption transnationale en 2014.
Photo: Adam Gault / Photodisc Quatre pays seulement, dont la Grèce, ont accru leur lutte contre la corruption transnationale en 2014.

Berlin — Près de la moitié des pays signataires de la Convention de l’OCDE pour la lutte contre la corruption transnationale n’ont engagé aucune poursuite judiciaire sur ces délits, selon une étude de l’ONG spécialisée Transparency International publiée jeudi.

« En signant la convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption, les gouvernements s’engagent à enquêter et à lancer des poursuites en cas de corruption transnationale. Pourtant, presque la moitié des États signataires ne le font pas » du tout, a déclaré le président de Transparency International José Ugaz.

Quatre pays seulement, dont la Grèce, ont accru leur lutte contre la corruption transnationale en 2014, passant de la catégorie « mise en oeuvre faible ou inexistante » à une « mise en oeuvre limitée ». Pour établir son classement, Transparency International se base sur le nombre d’enquêtes et de condamnations établies par le pays pour corruption et le rapporte au niveau d’exportation mondial du pays.

« En 2014, la Grèce a ouvert quatre nouvelles enquêtes, ce qui montre un effort d’application [de la Convention] significatif en regard du volume de participation du pays aux échanges mondiaux », s’est félicité dans un communiqué l’agence basée à Berlin. La France, avec 16 enquêtes commencées en 2014, se classe dans la même catégorie que la Grèce.

L’agence indépendante chargée de contrôler l’application de cette convention déplore que sur les 41 pays signataires, 22 n’aient engagé aucune poursuite dans le cadre d’affaires de corruption transnationale ces quatre dernières années. Parmi ces mauvais élèves, répartis partout sur le globe, l’ONG montre du doigt aussi bien la Bulgarie que la Russie, le Japon ou encore le Brésil et la Belgique.

Dans la plupart des pays signataires — les 34 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et sept pays extérieurs — la Convention est entrée en vigueur en 1999. La convention cible notamment les offres de pots-de-vin à des agents publics étrangers, souvent versés en vue d’obtenir ou de conserver des marchés dans les pays ciblés.

Seuls quatre pays, les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse, luttent activement contre la corruption transnationale, selon Transparency. Ils représentent à eux seuls plus de 22 % des exportations mondiales. Le Canada se situe en dessous, dans la catégorie « implication modérée ». « Il est essentiel de reconnaître que la corruption transfrontalière a des conséquences négatives énormes pour les populations des pays affectés », souligne l’agence dans son rapport.

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