Le risque de surévaluation immobilière demeure modéré au Québec

Les promoteurs continuent de construire des condominiums à Montréal même s’il devient plus difficile de les vendre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les promoteurs continuent de construire des condominiums à Montréal même s’il devient plus difficile de les vendre.

Le risque de surévaluation immobilière se veut modéré au Québec en raison de la faiblesse de l’activité économique. La construction excessive de copropriétés demeure toutefois problématique à Montréal, un peu moins à Québec.

Les dernières indications font ressortir une modeste surévaluation sur le marché de l’habitation à l’échelle canadienne. Le paysage se veut cependant contrasté parmi les 15 régions métropolitaines de recensement (RMR) retenues par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ainsi, le risque de surévaluation est demeuré élevé pour les régions de Regina et de Winnipeg, et est passé de modéré à élevé pour le marché de Toronto. Sur ce dernier, « la forte accélération des prix observée en 2015 s’explique par la hausse de la part des ventes à prix élevé, indique la SCHL. La croissance du revenu personnel disponible n’a pas rattrapé le rythme de l’augmentation des prix des logements. »

Dans le calcul de son risque global de surévaluation, la SCHL s’appuie sur les critères de surchauffe, d’accélération de la croissance des prix des logements, de surévaluation et de construction excessive. Si le risque est jugé faible à l’échelle canadienne, il se veut modéré pour le marché québécois. Tant pour Montréal que Québec, « le risque de surévaluation est attribuable au ralentissement de la croissance de la demande chez les accédants à la propriété et à la progression relativement modeste du revenu personnel disponible ».

Pour Québec, la SCHL retient toutefois qu’« après avoir atteint un sommet en 2013, le nombre de copropriétés achevées et invendues a diminué ». Ce qui n’empêche pas l’offre de ce type de propriété sur le marché de la revente de demeurer élevée.

Pour Montréal, « le nombre de copropriétés achevées et invendues a considérablement augmenté au cours des deux dernières années. Une saine gestion des stocks est nécessaire pour éviter que les nombreuses copropriétés en construction à l’heure actuelle demeurent invendues au moment de leur achèvement », propose l’institution fédérale.

Un rééquilibrage semble être en cours. Du moins, les derniers chiffres sur les mises en chantier d’habitations de la SCHL pour juillet font ressortir que « la hausse notable du rythme des mises en chantier au cours des deux derniers mois […] est attribuable au segment des appartements. En particulier des résidences pour personnes âgées, dont la construction est à la hausse en anticipation de l’accélération prochaine du vieillissement de la population. »