Amaya réalise une acquisition dans le secteur des paris sportifs

La société spécialisée dans le jeu en ligne Amaya a décidé d’accélérer son entrée dans le secteur des paris sportifs en mettant la main, pour un montant qui n’a pas été divulgué, sur le site Internet américain Victiv.

Lancé en septembre dernier, le site adoptera le nom de StarsDraft et sa plateforme sera prête pour le coup d’envoi de la saison régulière de la Ligue nationale de football (NFL), qui s’amorce dans moins d’un mois, ainsi que plusieurs ligues européennes de soccer. En divulguant ses résultats du deuxième trimestre, jeudi, Amaya a précisé que StarsDraft serait déployé dans des marchés précis aux États-Unis avant d’intégrer sa plateforme PokerStars.

La société montréalaise avait préalablement sondé le terrain dans le secteur des paris sportifs, qui, à son avis, génère actuellement des revenus annuels de moins de 100 millions. « Le marché doit prendre de la maturité et croître avant que nous soyons prêts à effectuer un investissement majeur », a expliqué en conférence téléphonique le président et chef de la direction d’Amaya, David Baazov. Amaya a arrêté son choix sur Victiv après avoir analysé 12 autres différentes compagnies, a expliqué aux analystes M. Baazov.

Dans une note d’analyse, Kevin Wright, de Cannacord Genuity, ne s’est pas montré surpris de l’acquisition d’Amaya, mais il se demande si la plateforme de StarsDraft sera prête à temps pour le début de la saison dans la NFL. L’analyste estime que la taille du marché des paris sportifs pourrait atteindre 1,2 milliard $US d’ici 2020. Actuellement, DraftKings et FanFuel détiennent 90 % des parts de marché, note M. Wright, ajoutant que Yahoo et CBS étaient également des joueurs à surveiller.

Au deuxième trimestre, Amaya a engrangé un profit de 201,4 millions, notamment grâce à un gain découlant de la vente de certaines activités depuis son acquisition des marques PokerStars et Full Tilt Poker réalisée l’an dernier pour 4,9 milliards $US. Pour la période terminée le 30 juin, le bénéfice net des activités poursuivies s’est établi à 14,1 millions, par rapport à une perte de 8 millions lors du deuxième trimestre de 2014. Le chiffre d’affaires d’Amaya s’est chiffré à 310,6 millions. Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, la société a engrangé un bénéfice de 86,1 millions, ou 43 ¢ par action, en hausse par rapport à 59,6 millions, ou 30 ¢ par action, sur une base pro forma, à la même période en 2014.
 

Amaya est toujours visée par une enquête de l’Autorité des marchés financiers du Québec sur certaines transactions de valeurs entourant l’acquisition de PokerStars. M. Baazov ainsi que le directeur financier, Daniel Sebag, sont visés par l’enquête, mais pas pour des transactions personnelles qu’ils auraient effectuées relativement à l’action de l’entreprise. Aucune accusation n’a été déposée jusqu’ici.