Héroux-Devtek embauchera pour un contrat avec Boeing

La firme aéronautique Héroux-Devtek embauchera du personnel alors qu’elle se prépare à construire le plus grand train d’atterrissage au monde pour les avions 777 et 777X du géant américain Boeing.

La société établie à Longueuil prévoit recruter 40 travailleurs au cours des six prochains mois, ce qui fera passer à 160 son nombre d’employés dédiés à ce contrat. Les pièces seront fabriquées aux installations de l’entreprise situées à Laval, Cambridge, en Ontario, ainsi que deux autres usines en Ohio, aux États-Unis. L’assemblage se fera à Everett, dans l’État de Washington, dans une nouvelle usine qui se trouve à quelques kilomètres seulement des installations de Boeing.

En raison de leur hauteur d’environ 20 pieds (six mètres), l’assemblage des trains d’atterrissage doit se faire à cet endroit puisqu’ils ne peuvent passer sous des viaducs lors de leur transport. « Nous avons choisi un site près de Boeing et où il n’y a pas de viaducs », a expliqué vendredi le président et chef de la direction de Héroux-Devtek, Gilles Labbé, en marge de l’assemblée annuelle de la société, à Montréal. Entre-temps, après avoir reçu les clés il y a quelques semaines de sa nouvelle usine dotée d’une superficie de 22 000 pieds carrés, Héroux-Devtek se prépare à y acheminer de l’équipement.

Depuis l’obtention du contrat avec Boeing, Héroux-Devtek a investi 105 millions afin de fabriquer les pièces de l’entreprise qui est dorénavant son plus important client. Boeing représente actuellement moins de 10 % des revenus de Héroux-Devtek en vertu de contrats militaires et reliés à l’appareil 787. L’entreprise délogera toutefois le département américain de la Défense une fois que le travail s’amorcera en 2017 sur l’avion 777, puis en 2020 sur l’avion 777X.

Huit 777 par mois

Héroux-Devtek fournira des trains d’atterrissage afin d’équiper huit Boeing 777 par mois. Ce contrat permettra à la société québécoise de générer des recettes annuelles de 500 millions d’ici l’exercice 2019. L’an dernier, son chiffre d’affaires a progressé de 34 %, à 364,9 millions.

Héroux-Devtek devrait également profiter d’ententes avec Embraer Dassault, Airbus et Sikorsky en plus de contrats militaires, dont celui du F-35 de Lockheed Martin. M. Labbé croit que c’est après l’élection que le gouvernement canadien décidera s’il commande ou non cet avion de combat. Il n’a toutefois pas voulu dire s’il était inquiet de voir un gouvernement formé par le Nouveau Parti démocratique ou le Parti libéral du Canada opter pour un autre appareil que le F-35.

Au premier trimestre, Héroux-Devtek a vu ses revenus progresser de 13,7 %, à 98,2 millions, notamment grâce à la faiblesse du dollar canadien et à un secteur de l’aéronautique commerciale vigoureux. Son bénéfice net s’est établi à 4,5 millions, ou 13 ¢ par action, en hausse comparativement à 3,5 millions, ou 11 ¢ par action, à la même période l’an dernier. Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, le profit de l’entreprise est passé de 3,8 millions, ou 12 ¢ par action, à 5,5 millions, ou 15 ¢ par action.