Pylônes: Hydro-Québec estime qu’elle pourrait payer 40% moins cher

Des pylônes électriques près de l'autoroute 30
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des pylônes électriques près de l'autoroute 30

Hydro-Québec a justifié l’ouverture à l’étranger de son processus d’appel d’offres visant la fabrication de pylônes par des prix de 40 % moins élevés sur le marché international. Les fournisseurs québécois sont appelés à être plus compétitifs.

Le 24 juillet, La Presse canadienne soulignait qu’Hydro-Québec venait d’ouvrir son processus d’appel d’offres à des fournisseurs étrangers. La société d’État est à la recherche de gains d’efficience afin de combler ses besoins accrus en acier pour la fabrication de ses pylônes. « Il y a un souci d’approvisionnement, expliquait alors un porte-parole d’Hydro, Serge Abergel. Nous voulons nous approvisionner avec des prix concurrentiels et avec un produit de qualité. »

Les fournisseurs québécois — Locweld, Fabrimet et Prometek — figurent parmi les invités, mais des entreprises étrangères se trouvent aussi sur la liste. M. Abergel insistait pour dire que par cette démarche, Hydro voulait voir « où sont les prix par rapport aux nôtres, ajoutait l’agence de presse. Hydro-Québec démontre un grand intérêt quant à faire affaire avec des entreprises québécoises. Le message, c’est que l’on est prêt à le faire, mais pas à n’importe quel prix. »

Jeudi, l’entreprise a été plus précise. « Un balisage effectué par Hydro-Québec sur les marchés indique que les prix des pylônes d’acier sont approximativement 40 % moins élevés sur le marché international. Hydro-Québec a donc décidé d’inviter des fournisseurs internationaux, de concert avec les fournisseurs québécois, à répondre à un appel de propositions pour la fourniture de 5000 tonnes d’acier de pylônes », peut-on lire dans le communiqué.

Besoins deux fois plus élevés

La société d’État fait ressortir qu’au cours des prochaines années, ses besoins liés à la fabrication de pylônes d’acier seront environ deux fois plus élevés que la moyenne des achats annuels normaux. Ils sont évalués à 25 000 tonnes en 2016 et à 20 000 l’année suivante, contre 10 500 cette année.

Dans le cadre de son processus d’appel de candidatures lancé à la fin de l’année 2014, « Hydro-Québec a préqualifié sept nouveaux fournisseurs à l’international dans ce domaine. L’ajout de ces nouveaux joueurs permettra à Hydro-Québec de bénéficier de conditions de prix concurrentiels sur une base internationale pour ses achats supplémentaires d’acier de pylônes, et ce, au bénéfice de tous les clients d’Hydro-Québec. Cette démarche a été entreprise il y a plusieurs mois par Hydro-Québec et est connue depuis longtemps des fournisseurs québécois. »

Et Hydro d’ajouter : « Les fournisseurs québécois de pylônes d’acier, avec qui Hydro-Québec entretient une relation d’affaires de longue date, pourraient même voir augmenter leur volume en participant à l’appel d’offres international si leur offre est compétitive. »

Les besoins additionnels comprennent le projet de nouvelle ligne de transport hydroélectrique de 735 kV couvrant 400 kilomètres reliant Montréal au Lac-Saint-Jean. Le projet de 1,4 milliard nécessitera 18 mois de travaux et sa mise en service est prévue à l’automne 2018.

2 commentaires
  • Sylvain Mélançon - Inscrit 7 août 2015 08 h 18

    Le Québec n'est plus concurrentiel dans l'acier ?

    C'est justement pour cela que le gouvernement du Québec avait créé Sidbec, dans lequel il a englouti près d'un milliard de dollars avant de le vendre !

    "En 1964, le gouvernement Lesage a fondé Sidbec (Sidérurgie du Québec). Les ambitions étaient grandes au moment de sa création. On visait à contrer l'avantage de prix dont jouissait l'Ontario dans la production d'acier. On souhaitait aussi transformer ici le minerai de fer de la Côte-Nord qui était intégralement exporté aux États-Unis par les entreprises américaines qui en assuraient l'extraction. Pour ce faire, on projetait de construire un immense complexe sidérurgique à Bécancour.

    Mais, en 1968, on a abandonné ce grand rêve pour se rabattre sur l'achat de l'aciérie Dosco à Contrecoeur. Sidbec-Dosco a accumulé de lourdes pertes au fil des ans, soit près d'un milliard de dollars, selon des chiffres compilés au début des années 90."
    http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

    1994 - L'Acierie de Sidbec-Dosco est vendue à la compagnie chinoise Lakshmi Mittal
    2004 - Ispat Sidbec change de propriétaire et devient Mittal Steel of Canada.
    2006 - La Compagnie Mittal Steel fusionne avec la Compagnie Arcelor, prend le nom d'ArcelorMittal.
    http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?titl

    "Sidbec est aujourd'hui la propriété du géant indien Arcelor-Mittal, qui emploie 1300 personnes à Contrecoeur dans le laminage d'acier."
    http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201009

    Nous voici donc revenus au point de départ, en 1963, notre fer de la Côte-Nord transformé en acier étant plus cher qu'ailleurs ?

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 7 août 2015 11 h 42

    Il faudrait peut-être

    aller voir sur les sites Internet des companies, ci-haut mentionnées ( Locweld, Fabrimet et Prometek ), ce quelles ont à dire et à offrir.

    Par exemple:
    J'ai lu dans l'Express de Drumondville, journal régional, un artice intéressant où
    M. Georges Guérette, vice-président de Fabrimet explique la position de sa compagnie dans ce dilemme.. .tout celà sur Internet.

    C'est à Nous de voir à Nos affaires...Hydro-Québec,c'est à Nous