Le grand patron de WSP Global compte vendre le tiers de ses actions

Le président et chef de la direction de WSP Global a l’intention de vendre le tiers de la participation qu’il détient dans la firme d’ingénierie au moment où la valeur de son action tourne autour d’un nouveau sommet.

Pierre Shoiry, qui détient 901 812 actions de la société montréalaise, prévoit vendre une partie de ses actions au cours de la prochaine année dans le cadre d’une « diversification financière et de planification patrimoniale ».

À la Bourse de Toronto, mercredi, le titre de l’entreprise anciennement connue sous le nom de Genivar a clôturé à 44,47 $, en hausse de 23 ¢, ce qui confère une valeur de plus de 40 millions à la participation de M. Shoiry.

Cette décision du grand patron de WSP Global n’a pas surpris l’analyste Maxim Sytchev, de Marchés financiers Dundee, puisqu’à son avis, elle ne changera pas à long terme les orientations de la firme de génie. « M. Shoiry n’a pas vendu d’actions depuis qu’il est à la tête de l’entreprise [depuis 1995], écrit-il dans un rapport. Une fois le processus terminé, il demeurera un des 15 plus importants actionnaires de cette compagnie dont la valeur boursière est de 4 milliards. »

Pour la période de trois mois terminée le 27 juin, WSP Global a vu ses profits presque quadrupler pour s’établir à 95,4 millions, ou 1,07 $ par action. En excluant les éléments non récurrents, son bénéfice ajusté a été de 45,8 millions, ou 51 ¢ par action, en hausse par rapport à 26,3 millions, ou 43 ¢ par action, à la même période l’an dernier. De leur côté, les revenus ont plus que doublé, passant de 513,1 millions à 1,09 milliard. Cette progression est largement attribuable aux nombreuses acquisitions réalisées par WSP Global.

« Nous continuons à voir des avancées dans tous les secteurs où nous sommes actifs, et nous avons enregistré un excellent rendement par rapport à beaucoup de nos principaux indicateurs de performance », a commenté M. Shoiry. Les signes de reprise constatés au Québec et en Ontario ont permis de contrebalancer en partie la contraction dans l’Ouest, ce qui n’a pas été suffisant pour empêcher les activités canadiennes d’afficher un repli de 6,1 %.

Questionné par les analystes, M. Shoiry a dit s’attendre à ce que la déprime du secteur pétrolier et gazier continue d’affecter négativement la performance de l’entreprise au Canada pour les prochains trimestres. « Je ne crois pas que cela va aller en s’améliorant jusqu’à ce que d’autres secteurs ou régions soient en mesure de prendre la relève. » Après plusieurs trimestres difficiles, M. Shoiry a par ailleurs rappelé que la croissance des activités de la société au Québec avait été à deux chiffres et un peu plus prononcée qu’en Ontario.

« L’entreprise continue de bien exécuter son plan en tirant profit de la reprise mondiale dans le secteur de la construction non résidentielle », écrit Yuri Link, de Cannacord Genuity, dans une note de recherche. L’analyste souligne que la croissance interne de WSP Global a été de 5 %, ajoutant que la société, qui a largement augmenté son empreinte aux États-Unis en mettant la main sur Parsons Brinckerhoff en 2014, devrait profiter de l’incidence des taux de change. Le carnet de commandes est demeuré stable par rapport au premier trimestre, à 4,56 milliards, ce qui représente environ neuf mois et demi d’activités.

Dans le cadre de son plan stratégique 2015-2018, WSP Global — qui compte actuellement quelque 32 000 employés — souhaite entre autres atteindre 45 000 travailleurs.

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