Les obligations vertes s’affirment

Le distributeur électrique néerlandais TenneT a effectué une émission de 1 milliard d’euros dont le produit doit servir à mieux relier ses éoliennes en mer au réseau terrestre.
Photo: Robin Van Lonkhuijsen ANP Agence France-Presse Le distributeur électrique néerlandais TenneT a effectué une émission de 1 milliard d’euros dont le produit doit servir à mieux relier ses éoliennes en mer au réseau terrestre.

La Banque mondiale a récemment émis sa centième obligation verte et appuie maintenant 77 projets de lutte contre les changements climatiques, indique son dernier bilan, dans lequel elle détaille l’impact écologique et social de chacune de ces initiatives.

Pionnière en la matière, l’organisation a récolté depuis 2008 des montants totalisant 8,4 milliards $US dans 18 devises différentes. Au cours de l’année financière terminée en juin, les émissions d’obligations ont permis d’amasser un peu plus de 2 milliards $US, comparativement à un peu plus de 2,5 milliards en 2013-2014.

Ces informations se trouvent dans un rapport qui détaille, pour la première fois, le bénéfice précis pour les projets appuyés par la Banque mondiale et ses partenaires, notamment la réduction attendue au chapitre des gaz à effet de serre, des bienfaits forestiers, de la gestion durable des terres agricoles ou du nombre de personnes qui profiteront directement des initiatives.

Un exemple : un projet de 600 millions visant à renouveler la flotte du système de rail urbain à Rio de Janeiro, financé à 205 millions par des obligations, permettra de transporter 70 000 personnes de plus par jour et éliminera 34 000 tonnes de gaz à effet de serre par année.

« Ce rapport représente une nouvelle étape pour nous dans le cadre de notre programme d’obligations vertes et répond aux demandes des investisseurs pour de l’information détaillée au sujet de l’impact des projets », a affirmé dans un communiqué Doris Herrera-Pol, responsable des marchés de capitaux à la Banque mondiale.

Le communiqué présente l’avis positif de plusieurs investisseurs institutionnels au sujet de ce premier rapport, dont l’assureur suisse Zurich, qui dit vouloir « mieux comprendre l’impact social et écologique des investissements ».

Le privé aussi

Le recours au marché obligataire pour financer des projets de lutte contre les changements climatiques est en pleine expansion, et la Banque mondiale est loin d’être seule : l’appel aux investisseurs est également mis à profit par les sociétés du secteur privé.

En 2013, l’ensemble des émissions d’obligations vertes a atteint 11 milliards, le double de 2012. L’an dernier, il a touché 36,6 milliards, un chiffre qui pourrait évoluer vers 100 milliards en 2015, selon les prévisions du regroupement Climate Bonds Initiative. Les six premiers mois ont été très calmes, toutefois, avec des émissions de 19 milliards.

Ces émissions obligataires du secteur privé sont de natures diverses. Par exemple, Toyota Financial Services a émis en juin 2015 pour 1,25 milliard $US en obligations afin de financer les contrats de location sur ses véhicules hybrides ou à faible consommation d’essence.

Un autre exemple : toujours au cours du deuxième trimestre de 2015, le distributeur électrique néerlandais TenneT a effectué une émission de 1 milliard d’euros, dont le produit doit servir à mieux relier ses éoliennes offshore au réseau terrestre.

Les données diffusées mardi par la Climate Bonds Initiative, qui réunit les grands investisseurs mondiaux, montrent que le preneur ferme le plus actif au cours du deuxième trimestre a été Bank of America Merrill Lynch. (Le preneur ferme est une firme de courtage qui, moyennant une commission, acquiert un actif dans le but de le revendre à ses clients.)

Les autres grands preneurs fermes d’obligations vertes du secteur privé sont connus : Crédit Agricole, Citi, Morgan Stanley, HSBC, J.P. Morgan, Deutsche Bank, etc. Le palmarès des 20 premiers ne contient qu’un seul nom canadien, soit la Banque Royale.