Hydro-Québec demande une hausse de ses tarifs de 1,9%

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

Hydro-Québec demande à la Régie de l’énergie le droit d’augmenter ses tarifs d’électricité de 1,9 % à compter du 1er avril 2016, pour tous les clients résidentiels et la majorité des clients d’affaires.

La société d’État a déposé sa demande de hausse tarifaire — la moins élevée des trois dernières années — en la justifiant par l’augmentation des coûts d’approvisionnement et par les coûts liés aux grands froids des derniers hivers. « Les deux hivers les plus froids de tout l’historique d’Hydro-Québec », a précisé jeudi en appel conférence Daniel Richard, président d’Hydro-Québec Distribution.

Ces frais accrus sont toutefois tempérés par d’autres facteurs, qui ont permis de réduire la hausse demandée, soit l’augmentation des revenus, les gains de productivité de l’entreprise — entre autres par l’installation des compteurs de nouvelle génération qui a aussi mené à la réduction du personnel — et la baisse du coût du service, notamment parce que l’augmentation de la clientèle fait en sorte que les frais fixes sont répartis sur un plus grand nombre de clients, a fait valoir Hydro-Québec. Si la demande est acceptée, elle signifie une augmentation moyenne de 1,39 $ par mois pour un logement, de 2,53 $ par mois pour une petite maison et de 3,31 $ mensuellement pour une maison moyenne.

Hausses raisonnables

« On peut considérer que les hausses sont raisonnables », a commenté M. Richard. « Quand on compare nos tarifs avec l’ensemble de l’Amérique du Nord, les tarifs résidentiels à Hydro-Québec demeurent les plus bas. » Et même si cette hausse est « légère », elle n’est pas faite au détriment de la qualité du réseau, qui est maintenue, soutient-il. Pour 2015, Hydro-Québec avait été autorisée à augmenter ses tarifs d’électricité de 2,9 %, après avoir demandé une hausse plus substantielle de 3,9 %. L’année précédente, l’augmentation avait été de 4,3 %.

Le ministre de l’Énergie et des ressources naturelles, Pierre Arcand, n’a pas élaboré jeudi sur cette demande qui venait tout juste d’être annoncée, soulignant de plus qu’elle ne relevait pas de lui, mais bien de la Régie de l’énergie. Il a toutefois déclaré qu’il « est dans l’intérêt des Québécois que les coûts soient autour de l’inflation ». Dans ce but, il dit avoir fait pression sur Hydro-Québec pour qu’elle réalise des gains d’efficience, ce qui peut notamment être fait avec les compteurs intelligents, a avancé le ministre.

Cette hausse de 1,9 % correspondrait plus ou moins à l’inflation, prévue à 2% par la Banque du Canada, a aussi commenté Sylvie Roy, porte-parole de la Coalition Avenir Québec (CAQ), ce qui est une bonne chose selon elle. Mais il ne faut pas oublier que les Québécois ont été frappés par de fortes augmentations ces dernières années, dit-elle. « Hydro-Québec doit se recentrer, être un producteur d’électricité et non un percepteur d’impôts. » Mme Roy a parrainé à l’Assemblée nationale une pétition signée par quelque 54 000 personnes qui réclament une baisse immédiate de 10 % des tarifs d’électricité.

Selon l’Union des consommateurs, la hausse demandée est peut-être plus faible que les dernières, « mais les consommateurs québécois ont quand même vu leur facture grimper de façon assez importante ces dernières années », souligne Philippe Viel, porte-parole de l’organisme. Il note qu’Hydro-Québec a procédé à des augmentations totalisant près de 10 % au cours des trois dernières années, soit trois fois plus que l’inflation.

Selon lui, les raisons offertes par l’entreprise d’électricité pour justifier sa demande ne sont pas valables. Les hivers ont été froids mais Hydro-Québec a acheté de l’électricité supplémentaire à fort prix à sa division Production, alors qu’il ne s’agit que d’un transfert à l’interne. De plus, l’augmentation de ses coûts d’approvisionnement est en lien avec une décision gouvernementale, soit l’achat d’électricité provenant de l’éolien, qui coûte cher. Le coût de cette politique ne devrait pas être refilé aux consommateurs, croit M. Viel. Hydro-Québec avait déjà demandé des baisses tarifaires dans le passé, notamment pour les années 2011-12 et 2012-13.

5 commentaires
  • Pierre Schneider - Inscrit 31 juillet 2015 05 h 26

    Assez, c'est assez !

    Les hausses cumulatives depuis les dernières années dépassent les bornes et ce ne sont pas celles d'approvisionnement pour le voitures électriques.

    Les citoyens en ont marre de payer toujours plus pour des primes de séparation et retraites dorées pharaonesques à la Thierry Vandal.

    Ça va faire, là.

  • Salah-Eddine Khalfi - Inscrit 31 juillet 2015 09 h 45

    Un squelette dans la boite à compteur ?

    Tant et aussi longtemps que les citoyens ne sortiront pas dans les rues pour contester les décisions abusives et arrogantes de cette organisation aux fonctionnement opaque et suspect rien ne va changer. Hydro Québec fonctionne telle une machine capitaliste sauvage au service exclusif des gouvernements et des "princes" qui la dirigent et non pas - tel que spécifie sa charte - une utilité au service de ses actionnaires et propriétaires légitimes que sont les québécois. Une "compagnie" qui "détrousserait" ses actionnaires serait considérée comme criminellement responsable. À moins que la succession de ces augmentations répétées dans un contexte économique difficile et ces nombreux scandales et démissions à peine étouffés, ne fasse partie d'un plan de privatisation classique mais oh combien efficace qui consiste soit, à carrément saboter le fonctionnement des institutions publiques que l'on souhaite privatiser ou bien à jeter le discrédit sur celles-ci par l'imposition de prises de décisions impopulaires auprès des citoyens. Bien souvent (et presque toujours), le plan de privatisation est ,bien entendu, secret et les futurs acquéreurs sont désignés jusqu'à des années d'avance. Ce qui nous pousse parfois à nous poser des questions sur les objectifs réels de ces privatisations surtout quand l'institution privatisée est rentable. Vendriez-vous une poule aux œufs d'or?

    Enfin, je serais très intéressé à jeter un coup d’œil attentif aux circonstances d'octrois du contrat des fameux compteurs "intelligents" et aux modalités de leur entretien, remplacement et aux risques réels pour la santé.
    Ça sent pas bon. Un squelette "UPAC" dans la boite électrique ?

    • Daniel Vézina - Inscrit 31 juillet 2015 18 h 40

      Désolé, mais les citoyens ici, marchent dans la rue pour le retour d'un club de hockey...

      Pathétique comme peuple vous dites ? Ouep...

  • Daniel Gagnon - Abonné 1 août 2015 10 h 03

    Un gouvernement siphonophore

    Voici un gouvernement siphonophore qui étrangle, qui resserre, qui jugule.

    Un gouvernement qui fait du siphonnement à outrance dans le vif des forces vitales et dans le tissu social des plus démunis.

    Alors que ce gouvernement insensible et brutal n'en finit plus de charcuter et à gauche et à droite dans le plus mince, contre toute logique économique, il s'adonne à un siphonage éhonté...pour redonner aux plus riches!

  • Daniel Gagnon - Abonné 1 août 2015 13 h 12

    Gouvernement siphonophore

    Voici un gouvernement siphonophore qui étrangle, qui resserre, qui jugule.

    Un gouvernement qui fait du siphonnement à outrance dans le vif des forces vitales et dans le tissu social des plus démunis.

    Alors que ce gouvernement insensible n'en finit plus de charcuter à gauche et à droite, contre toute logique économique, il s'adonne à un siphonage éhonté...pour redonner aux plus riches!