Desjardins, la plus solide en Amérique

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir

Le Mouvement Desjardins glisse de quelques rangs dans le classement mondial 2015 de Bloomberg. Mais l’institution québécoise demeure la plus solide financièrement à l’échelle nord-américaine.

Le Mouvement Desjardins a fait son entrée dans le « top 20 » des institutions bancaires les plus solides financièrement en 2013. Deux ans plus tard, le classement de Bloomberg lui accorde le cinquième rang mondial, le premier en Amérique du Nord. Il s’agit d’un léger glissement, Desjardins ayant accaparé le deuxième rang à dans l’édition 2014 du palmarès. Mais elle conserve son premier rang nord-américain pour une deuxième année.

La Banque CIBC est la seule autre institution bancaire canadienne à composer le « top 20 » de Bloomberg, qui est dominé pour une deuxième année consécutive par la Hang Seng Bank, de Hong Kong.

Bloomberg ne retient que les institutions bancaires disposant d’un actif total de 100 milliards ou plus. Le classement s’appuie sur cinq critères. Le plus important, celui du ratio de capital de première catégorie servant de balise aux règles internationales, compte pour 40 % de la note finale. S’y greffent le rapport actif non performant sur actif total, les provisions pour perte liée à l’actif non performant, le ratio dépôts/fonds propres et le ratio d’efficacité, proposant un rapport coûts/revenus.

Satisfaction en baisse

Au chapitre de la satisfaction de la clientèle, l’édition 2015 du classement de la firme J.D. Power place la Banque TD au premier rang pour une dixième année consécutive parmi les cinq grandes banques, et la Banque Tangerine, au premier rang parmi les institutions bancaires de taille moyenne pour une quatrième année de suite. Ce sondage repose sur sept critères et ratisse l’ensemble des banques canadiennes, ce qui exclut les coopératives de crédit.

J.D. Power retient cependant que « les profits records des banques de détail canadiennes sont réalisés au détriment de la satisfaction de la clientèle, alors que les clients signalent que les frais sont en augmentation et que les niveaux de service sont en baisse en succursale et au téléphone. Par conséquent, la satisfaction globale dans le segment des cinq grandes banques est en moyenne de 737 (sur une échelle de 1000 points), en baisse de 12 points par rapport à 2014, tandis que la satisfaction dans le segment des banques de taille moyenne est de 759, en baisse de 7 points. »

4 commentaires
  • Sylvain Mélançon - Inscrit 31 juillet 2015 06 h 15

    Pourquoi ?

    Puisque Desjardins est l'institution bancaire la plus solide financièrement en Amérique du Nord, qu'est-ce qui peut bien justifier de continuer à forcer la fusion de caisses, de fermer des points de service, de couper dans les services, d'augmenter et multiplier les frais, et de réduire les ristournes ?

    N'y a-t-il pas là un dogme de se rapprocher toujours davantage du modèle des banques, tout en augmentant rapidement la rémunération des hauts dirigeants et les liquidités de l'institution ? Quand on recrute ces derniers dans les autres banques, ils apportent cette mentalité ... Qui va ramener Desjardins à ses valeurs d'origine, qui sera le François 1er de Desjardins ?

    • Gilles Théberge - Abonné 31 juillet 2015 14 h 23

      Vous posez une excellente question. Récemment monsieur Béland l'a posée aussi. Peu d'écho lui ont été fait... Pourquoi?

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 31 juillet 2015 15 h 28

      La population change, elle change de comportements, et ça affecte la rentabilité d'un certain nombre de services de proximité. Quand un point de service n'est plus rentable, il faut que des revenus faits ailleurs viennent financer ce point de service. La question est alors dans quoi d'autre on pourrait mettre cet argent, et quels sont les avantages de garder un point de service déficitaire. J'ai lu personne à ce sujet-là... le discours semble toujours se limiter à des plaintes sur les fermetures, et une nostalgie d'autres époques de l'histoire de Desjardins, mais jamais sur les principes qui font qu'on ferme ou qu'on ferme pas un établissement, ni sur les raisons qui font que ces principes sont les plus appropriés ou pas.

    • Sylvain Mélançon - Inscrit 1 août 2015 06 h 55

      M. Bouchard, vous présentez une approche strictement comptable, comme les banques.

      Est-ce de la nostalgie de parler de la vitalité et du sentiment d'appartenance des petites communautés ? Ça ne se mesure pas en signes de $. Est-ce de la nostalgie d'éviter d'écraser les familles et les personnes seules à faibles revenus sous les frais ? Au contraire, c'est d'actualité plus que jamais. Puisque Desjardins est "trop gros pour faire faillite" en plus d'être une coopérative, il devrait être clair pour tout le monde qu'elle a un rôle dans notre "vivre ensemble". À quoi bon financer une troupe scout ou une équipe de hockey, c'est bien sympatique, et en même temps être impitoyable à appliquer les règles et humilier les membres à faible revenu.

      La justice sociale, c'est d'être au service de tous, pas seulement les "sociétaires" les plus payants. La démocratie, c'est d'écouter la base du Mouvement Desjardins, les milliers de bénévoles des caisses, au-dela du réseau social que cela constitue, sans leur imposer toutes les règles du jeu.

      Il y a une tendance vers l'individualisme dans notre société, et en même temps beaucoup de jeunes nous demandent plus de solidarité. Sommes-nous si pressés de refermer leur coeur ?