La Banque du Canada réduit son taux directeur à 0,5 %

Ottawa — La Banque du Canada a annoncé mercredi qu’elle abaissait son taux directeur d’un quart de point de pourcentage pour le ramener à 0,5 %.

La banque centrale pose ce geste au moment où elle estime que l’activité économique du pays s’est encore contractée, d’environ 0,5 %, au deuxième trimestre.

Selon la Banque du Canada, l’affaiblissement des perspectives de croissance de l’économie canadienne a accru les risques à la baisse entourant l’inflation.

« Quoique les vulnérabilités associées aux déséquilibres dans le secteur des ménages demeurent élevées et puissent s’accentuer, l’économie canadienne subit un ajustement notable et complexe », écrit la banque dans sa décision.

« Un nouvel assouplissement de la politique monétaire est nécessaire à l’heure actuelle afin d’aider l’économie à retourner à son plein potentiel et l’inflation à la cible de façon durable. »

Une contraction au deuxième trimestre signifierait que le pays est tombé en récession dans la première moitié de l’année après avoir reculé dans les trois premiers mois, mais la banque centrale n’a pas fait cette distinction, soulignant que le ralentissement était concentré dans le secteur de l’énergie.

Dans son Rapport sur la politique monétaire, la Banque du Canada estime que l’économie s’est contractée à un rythme annuel de 0,5 % au deuxième trimestre, comparativement à sa prévision de croissance de 1,8 % annoncée en avril.

Le recul suit une contraction à un rythme annuel de 0,6 % dans les trois premiers mois de l’année, comparativement à une prévision de stabilité pour le trimestre par la banque.

La banque prévoit maintenant que le PIB croîtra à un rythme annuel de 1,5 % au troisième trimestre, puis de 2,5 % dans les trois derniers mois de l’année. Elle prévoyait auparavant des croissances de 2,8 % et 2,5 % pour les troisième et quatrième trimestres, respectivement.

Pour l’année 2015, la Banque du Canada prévoit que le PIB réel au Canada croîtra de 1,1 %. Elle s’attend à une croissance de 2,3 % en 2016.

La banque centrale estime que plusieurs facteurs permettent d’envisager un retour à la croissance au troisième trimestre, en partie grâce aux chèques d’allocation pour enfants bonifiés qu’Ottawa doit envoyer plus tard ce mois-ci.

« Il importe de souligner que les exportations devraient renouer avec une croissance solide, à la faveur de l’amélioration continue de la demande américaine et d’un rebond des exportations de produits automobiles survenant à la suite de fermetures temporaires à des fins de réoutillage au début de l’année », indique la banque dans son rapport.

« Toutefois, les investissements des entreprises exerceront encore un effet modérateur, le secteur de l’énergie continuant de s’ajuster aux bas prix du pétrole. »


La baisse des taux a stimulé l'immobilier 

La faiblesse des taux d’intérêt hypothécaires a encouragé les acheteurs et fait grimpé les ventes du marché de l’habitation canadien, qui ont atteint en mai et en juin leur plus haut niveau en plusieurs années, a indiqué pour sa part l’Association canadienne de l’immeuble (ACI).

Le nombre de maisons revendues en juin a atteint un niveau record pour ce mois, et environ les deux tiers de tous les marchés locaux du pays ont montré des augmentations à ce chapitre par rapport à l’an dernier, a précisé l’association.

Les membres de l’ACI ont fait état de 56 839 transactions en juin, soit une hausse de 11 pour cent par rapport au même mois l’an dernier.

L’indice national des prix des propriétés de l’ACI a avancé de 5,43 pour cent en juin par rapport au même mois en 2014, tandis que le prix de vente moyen national pour le mois de juin s’est établi à 543 560 $ — soit 9,6 pour cent de plus qu’il y a un an.

Selon l’économiste Gregory Klump, de l’ACI, l’activité de ventes nationale a été stimulée par le volume de ventes record observé dans la région de Toronto.

M. Klump croit que les chiffres pour la région de Toronto auraient été encore plus élevés si cela n’avait été d’une pénurie d’inscriptions à la vente pour les maisons unifamiliales.