Nouvelle mise en garde contre une autre baisse des taux d’intérêt

Dans sa récente étude sur le prix des maisons, Royal LePage souligne que la hausse du prix moyen oscillait entre 3,9 % et 7,5 % au deuxième trimestre à l’échelle canadienne.
Photo: Darren Calabrese La Presse canadienne Dans sa récente étude sur le prix des maisons, Royal LePage souligne que la hausse du prix moyen oscillait entre 3,9 % et 7,5 % au deuxième trimestre à l’échelle canadienne.

Derrière les statistiques canadiennes confirmant le maintien en forme du marché immobilier résidentiel se profilent des contrastes régionaux. Il est rappelé à la Banque du Canada qu’une baisse des taux d’intérêt pourrait provoquer une stimulation excessive.

L’avertissement vient du cabinet Royal LePage. Certains économistes prévoient qu’au terme de la réunion de son comité monétaire, mercredi, la Banque du Canada pourrait commander une baisse de son taux directeur en réaction au risque de récession qui plane sur l’économie canadienne. Mais pour le p.-d.g. de Royal LePage, Phil Soper, « une baisse supplémentaire du taux d’intérêt […] serait une politique inappropriée à ce moment précis ». Il ajoute : « Bien que le choc pétrolier ait été un frein problématique à notre économie cette année, il semble prématuré de crier à la récession maintenant et d’injecter un nouveau stimulus monétaire. » Il a dit craindre qu’une telle stimulation « nous fasse passer d’une expansion tout à fait gérable des marchés principaux à un redressement plus difficile, tel que des prix déconnectés de la réalité des ménages et des revenus. »

Le marché immobilier canadien s’achemine vers une année record en 2015. Dans sa récente étude sur le prix des maisons, Royal LePage souligne que la hausse du prix moyen oscillait entre 3,9 % et 7,5 % au deuxième trimestre à l’échelle canadienne. Sur l’ensemble de l’année, la hausse moyenne attendue est de 6,1 %.

Sur une base régionale, ces données « sont fortement influencées par le niveau d’activité à Toronto et à Vancouver ». La firme de courtage immobilier donne l’exemple du marché de Toronto-Hamilton, où la tendance positive des emplois à temps plein et le maintien des taux d’intérêt à de faibles niveaux se traduisent par des achats résidentiels records.

Banque Nationale Marchés financiers a souligné du même souffle que son indice composite national de prix de maison Teranet a atteint un niveau record en juin. « Mais cela ne vaut que pour trois des onze régions couvertes, soit Toronto, Vancouver et Hamilton ». L’institution parle, pour ces régions, de conditions tendues sur le marché de la revente.

Pour le Grand Montréal, le prix moyen devrait croître de seulement 0,6 % cette année, selon les projections de Royal LePage, sous l’impulsion des copropriétés. Et la situation contrastée vaut également par segment. Au deuxième trimestre, le prix moyen d’un appartement en copropriété était en hausse de 2,1 % alors que celui des maisons individuelles était en baisse de 0,2 % et celui des maisons à deux étages, de 1,5 %.

Quatre trimestres de hausse

Pendant ce temps, les ventes résidentielles au Québec poursuivaient leur progression pour un quatrième trimestre consécutif. Selon les données de la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) publiées mardi, 23 753 ventes résidentielles ont été réalisées au deuxième trimestre de 2015 sur le système interagences, en hausse de 9 % par rapport au deuxième trimestre de 2014. « Il s’agit également d’une quatrième augmentation trimestrielle consécutive à ce chapitre. » Une augmentation a été observée dans chacune des six régions métropolitaines de recensement, les plus importantes ayant été mesurées à Gatineau, à Sherbrooke et à Montréal.

Quant aux prix, l’unifamiliale (235 000 $) et la copropriété (220 000 $) ont affiché des hausses modérées de leur prix médian, soit de 2 % par rapport à la même période en 2014.

Le marché québécois tend cependant à se maintenir autour de l’équilibre. Ainsi, l’offre de propriétés résidentielles a continué d’augmenter avec 5 % plus d’inscriptions en vigueur au deuxième trimestre qu’à pareille période l’an dernier. Toutefois, « il s’agit de la plus faible croissance de l’offre depuis le troisième trimestre de 2010 », a précisé Paul Cardinal, directeur du service Analyse du marché de la FCIQ. « De façon générale, les conditions du marché tendent à se stabiliser. Le nombre de mois d’inventaire de maisons unifamiliales et de copropriétés a même légèrement diminué au deuxième trimestre dans plusieurs centres urbains de la province. »