Recul historique de l’action sur fond d’incertitude

L’action de Bombardier a reculé vendredi à un nouveau creux de 22 ans alors que certains médias rapportaient que la livraison de son nouvel avion d’affaires Global 7000-8000 pourrait être retardée et qu’un analyste eut erronément suggéré que l’avionneur avait perdu un important contrat en Chine aux mains de Boeing.

Le titre a reculé à 1,84 $ en début de séance à la Bourse de Toronto, pour finalement clôturer à 1,98 $, en baisse de 2 ¢. L’action de Bombardier avait dégringolé de plus de 10 % jeudi. Elle ne s’était pas échangée à ce niveau depuis octobre 1993.

Le plongeon de jeudi faisait suite à la publication d’un article de l’agence Bloomberg qui citait un responsable de Bombardier, lequel affirmait que le programme Global de l’avionneur faisait l’objet d’une « révision complète », incluant son calendrier de livraisons. Selon l’analyste David Tyerman, de Canaccord Genuity, un tel retard ne serait pas une surprise puisque Bombardier n’a pas fourni de mise à jour sur le développement des Global 7000 et 8000, notamment en ce qui a trait à la date de son vol inaugural.

M. Tyerman prend pour acquis que ces avions connaîtront un retard de deux ans et ne seront livrés qu’en 2018 et 2019. Selon l’analyste, les investisseurs pourraient aussi s’inquiéter de l’impact des problèmes économiques en Chine et en Grèce. L’Asie-Pacifique et l’Europe sont deux grandes régions d’affaires pour les divisions aéronautique et ferroviaire de Bombardier.

Mises à pied

Bombardier a annoncé en mai la mise à pied de 1750 employés, ainsi que le ralentissement de sa production d’avions Global 5000-6000 pour s’ajuster aux conditions de certains marchés comme l’Amérique latine, la Chine et la Russie.

Mais la baisse de l’action de Bombardier pourrait aussi être attribuable à l’absence de nouvelles commandes pour ses avions de la CSeries. China Eastern Airlines a annoncé avoir commandé 50 avions Boeing 737 pour sa filiale à bas prix, China United Airlines. Selon Boeing, ces avions compteront entre 160 et 189 sièges et sont donc de plus gros appareils que ceux de la CSeries.

Cependant, différentes informations ont circulé à propos des avions commandés et l’analyste Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, a émis un rapport suggérant que Bombardier avait perdu le contrat obtenu par Boeing. M. Spracklin a révisé son rapport par la suite, tout en précisant que même si la commande chinoise ne visait pas un concurrent direct de la CSeries, elle réduisait la probabilité d’une commande de CSeries par China Eastern à court terme.

Bombardier a indiqué ne pas avoir soumissionné pour cette commande en particulier, ajoutant qu’elle était « en discussions avec un certain nombre de transporteurs aériens dans la région ».

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