La Grèce finalise ses propositions de nouvelles réformes

Athènes — Le gouvernement grec s’empressait jeudi de finaliser les réformes qui pourraient lui valoir un troisième programme de renflouement, dans l’espoir de satisfaire cette fois-ci ses créanciers européens et d’éviter une expulsion potentiellement catastrophique de la zone euro au cours des prochains jours.

Le premier ministre Alexis Tsipras était réuni avec ses responsables financiers au lendemain de la demande par son gouvernement d’un nouveau programme d’aide de trois ans au fonds de sauvetage de l’Europe. Il a promis, en échange, d’adopter immédiatement des réformes, notamment en ce qui concerne les impôts et les retraites.

Les détails des propositions grecques seront dévoilés jeudi, ce qui donnera aux créanciers le temps de les examiner avant un sommet des leaders européens dimanche.

Les 19 ministres des Finances de la zone euro doivent aussi se rencontrer samedi pour étudier les propositions grecques, en prévision du sommet du lendemain.

Journée décisive

Le Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a déclaré sur les ondes de France Inter que jeudi est une journée «décisive» pour l’Europe. Il a ajouté croire qu’un nouveau programme de renflouement est possible pour la Grèce, en retour de propositions «concrètes et complètes» de réformes.

M. Moscovici a dit que le dialogue semble avoir été relancé et il s’est dit optimiste qu’une solution puisse intervenir.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui affirmé que les créanciers de la Grèce devraient faire des propositions «réalistes» sur la dette grecque en contrepartie des propositions attendues de la part d’Athènes ce jeudi avant minuit.

«Je viens de parler avec le premier ministre grec, Alexis Tsipras. J’espère que nous allons recevoir aujourd’hui des propositions concrètes et réalistes de la part d’Athènes», a déclaré M. Tusk lors d’une conférence de presse à Luxembourg.

«Si cela se produit, nous aurons besoin d’une proposition parallèle de la part des créanciers. Les propositions réalistes de la part de la Grèce devront être suivies en contrepartie de propositions tout aussi réalistes sur la viabilité de la dette grecque de la part des créanciers», a-t-il ajouté. «Alors seulement nous aurons une situation où chacun trouve son compte.»


Banques fermées

Pendant ce temps, les épargnants grecs sont toujours limités à des retraits quotidiens de 60 euros et les banques, qui auraient pu rouvrir leurs portes jeudi, demeureront fermées au moins jusqu’à lundi.

Ces fermetures touchent particulièrement durement les retraités qui n’ont pas de cartes bancaires; certaines succursales devaient rouvrir jeudi pour leur permettre de retirer 120 euros, et des centaines de Grecs âgés faisaient la file dès l’aube.

Si aucun accord n’intervient entre M. Tsipras et les créanciers, l’effondrement bancaire de la Grèce et son expulsion de la zone euro semblent inévitables.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a déclaré mercredi que les programmes de sauvetage ne pouvaient fonctionner sans une restructuration de la dette nationale de la Grèce. Prenant la parole à Washington, Mme Lagarde a affirmé que la Grèce se devait de poursuivre les plans de réduction des dépenses.

Elle a ajouté que l’autre versant était la «restructuration» de la dette, nécessaire à sa viabilité, selon le FMI. «Cette analyse n’a pas changé. Peut-être que les chiffres devront être réexaminés, mais notre analyse n’a pas changé», a soutenu Mme Lagarde.

Le FMI et le principal prêteur de la zone euro, l’Allemagne, ne s’entendent pas sur la pertinence d’un allègement de la dette de la Grèce — une requête réitérée mercredi par le gouvernement grec.

La chancelière allemande Angela Merkel a répété jeudi qu’elle s’oppose catégoriquement à une réduction de la dette grecque. Elle a déclaré lors d’un passage à Sarajevo, en Bosnie, qu’une «coupe de cheveux classique est hors de question pour moi. Cela n’a pas changé entre avant-hier et aujourd’hui.»

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