S’enrichir en ayant la conscience (environnementale) tranquille

Photo: Rafa Rivas Agence France-Presse

Il serait hasardeux de mettre en oeuvre des stratégies de placement au cours des prochaines années sans tenir compte de l’effet potentiellement catastrophique des changements climatiques sur le rendement de certains secteurs.

À quelques mois de la conférence de Paris, que plusieurs voient comme la dernière chance d’en venir à une stratégie mondiale cohérente, le cabinet-conseil Mercer estime que l’environnement est « la nouvelle variable » que les investisseurs doivent maintenant inscrire au coeur des placements.

Dans une récente analyse de plus de 100 pages reprise en fin de semaine par le Financial Times de Londres, Mercer a conçu quatre scénarios de changements climatiques et quantifié leur impact sur les rendements d’ici 2050.

« Tout dépendant du scénario, la chute des rendements annuels moyens du secteur du charbon pourrait se situer entre 18 % et 74 % sur 35 ans, les effets étant plus prononcés au cours des 10 prochaines années », a écrit Mercer. À l’opposé, la hausse des rendements dans le secteur des énergies renouvelables pourrait se chiffrer entre 6 % et 54 %.

Dit autrement, le rendement du charbon pourrait passer de 6,6 % par année à une fourchette oscillant entre 1,7 % et 5,4 %. L’énergie renouvelable passerait de 6,6 % à 10,1 %. Le nucléaire ferait également partie des secteurs positifs, comme la technologie, le gaz naturel et la santé. À l’inverse, le secteur du pétrole serait à risque, comme les matériaux, l’industriel et l’univers pétrolier.

Seize gestionnaires institutionnels, entre autres, ont participé à la mise à jour de cette étude que Mercer avait réalisée une première fois en 2011. Ces partenaires gèrent un actif total de 1500 milliards.

Quatre scénarios

Le premier scénario, baptisé « transformation », désigne un monde qui serait capable de limiter à 2 degrés Celsius la hausse moyenne de température. Selon ce scénario, les émissions de gaz à effet de serre plafonnent en 2020 et chutent ensuite de 56 % d’ici 2050 par rapport à 2010.

Le deuxième scénario, « coordination », limite la hausse à 3 degrés. Les troisième et quatrième scénarios, appelés « fragmentation », décrivent l’échec total des mesures et tablent sur une augmentation de 4 degrés, avec deux niveaux de dommages collatéraux.

Le rapport a été financé en partie par la Banque Mondiale et le gouvernement britannique.

« Pour les fiduciaires qui supervisent des placements, les changements climatiques posent des risques à l’égard des portefeuilles, mais soulèvent aussi de nouvelles occasions », a écrit la responsable de la recherche en matière d’investissement chez Mercer, Deb Clarke. « Cela vient du fait que la réduction nécessaire des émissions de gaz à effet de serre exigera un remodelage de la répartition des sources d’énergie qui sous-tendent, jusqu’à un certain degré, chaque investissement dans un portefeuille. »

Selon Mme Clarke, l’ampleur des changements climatiques et le moment de leur manifestation demeurent « incertains », mais « nous en savons assez pour aider les fiduciaires et gestionnaires à intégrer dans leurs stratégies une meilleure gouvernance climatique ».

L’analyse de Mercer survient alors qu’une partie grandissante du monde du placement s’interroge sur la voie à suivre pour négocier les prochaines années. Certains ont récemment évoqué le phénomène des « actifs échoués », c’est-à-dire ceux qui sont associés aux combustibles fossiles. Leur valeur serait en péril face aux mesures qui pourraient être prises pour lutter contre les changements climatiques ou par diverses mesures de désinvestissement à la faveur des secteurs plus verts.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 24 juin 2015 12 h 53

    Des politiques ou tout le monde y trouve son compte

    Peut etre qu'a la base la richesse est aussi le pouvoir, peut etre est ce qu'a compris notre le premier ministre, mais pas a n'importe lequels conditions,voila la phrase la plus important ,jeune nous disions riche, mais pas a n'importe lequels prix, je crois que j'en ai assez dit pour que vous compreniez ce que je reproche au premier ministre et a sa court, enfin je me demande s'ils sont capables de comprendre ca, je nous fait de plus en plus penser aux mauvaises années décritent par Toistoi, une bonne gestion n'est il pas des politiques ou tout le monde y trouve son compte