Le Salon du Bourget consacre une journée à la conférence sur le climat

Le salon du Bourget s’est placé jeudi sous le signe de la conférence COP 21 sur le climat, et les avionneurs faisaient leur bilan, loin du record de la précédente édition, Boeing dépassant cette fois Airbus pour les commandes fermes.

Pour cette quatrième journée du grand rendez-vous de l’industrie aéronautique, les organisateurs ont mis l’accent sur la grande conférence mondiale sur le climat organisée par la France en fin d’année et dont une partie se déroulera d’ailleurs au Bourget, près de Paris.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et sa collègue de l’Écologie, Ségolène Royal, ont visité les kiosques dans la matinée pour mettre en valeur les différentes initiatives prises par le secteur afin de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. « Dans l’esprit du public, quand on parle des avions, ce n’est pas spontanément à l’économie de gaz à effet de serre que l’on pense », a reconnu M. Fabius, soulignant les « efforts considérables » entrepris par la filière.

Au niveau mondial, l’Association internationale du transport aérien (IATA) s’est fixée pour objectif une diminution de 50 % des rejets de CO2 en 2050 par rapport à 2005, tout en prévoyant que le trafic passera de 3,3 milliards de passagers en 2014 à 7,3 milliards en 2034. « C’est un défi qui demandera […] de véritables ruptures technologiques », a complété Mme Royal, qui s’est « réjouie de voir que la France est à l’avant-garde de ces initiatives ».

La ministre de l’Écologie a annoncé à cette occasion le lancement d’une mission avec le ministère de l’Agriculture pour le déploiement du « bio- kérosène », carburant pour avions d’origine renouvelable. Le rapport qui sera rendu à la fin de l’année « permettra de mettre en place les outils d’incitation » nécessaires. « Le moment venu, il faudra une fiscalité incitative » et « qui tient compte des émissions de carbone » a-t-elle indiqué à l’AFP, précisant que « ça se passera à l’échelle européenne, parce que c’est là que les filières vont être développées ». Dans l’immédiat, le groupe Air-France-KLM, Aéroports de Paris et le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, à améliorer leur consommation d’énergie et à développer les biocarburants d’ici 2020.

Les constructeurs aéronautiques ont déjà réduit de 15 % à 20 % la consommation de carburant de leurs nouveaux modèles remotorisés, comme le Boeing 737 MAX et l’Airbus A320neo. Ces deux biréacteurs moyen-courrier monocouloir ont sans surprise constitué le gros des commandes des deux rivaux européen et américain, mis en avant depuis le début de la semaine au Bourget.

   

Pluie de commandes

Au match des commandes fermes, la firme de Seattle (145 appareils, 18,6 milliards de dollars) a coiffé au poteau celle basée à Toulouse (124 appareils, 16,3 milliards). En comptant les options et intentions d’achat, Airbus (421 appareils, 57 milliards) termine loin devant Boeing (331 avions, 50,2 milliards). «Je suis convaincu que 95 %, si ce n’est 100% (des commandes reçues) se traduiront par des commandes fermes», a déclaré Fabrice Brégier, directeur du groupe européen.

Les ventes fermes sont cependant en net repli par rapport au record de la précédente édition: il y a deux ans, Airbus avait enregistré pour 39,3 milliards de dollars de commandes fermes, contre 38 milliards pour Boeing. Ce recul s’explique notamment par la hausse du dollar, qui pousse les acheteurs à diminuer ou retarder le renouvellement de leurs flottes, et par la baisse des cours du pétrole, qui permet aux compagnies aériennes de maintenir en activité leurs avions d’ancienne génération plus gourmands en carburant.

Les deux géants du secteur affichent néanmoins des carnets de commande remplis pour sept à huit ans et prévoient que le marché des avions neufs dépassera largement les 30 000 unités dans les vingt prochaines années.

Vendredi, le salon ouvrira ses portes au grand public pour trois jours, avec des dizaines d’appareils à découvrir au sol et des démonstrations quotidiennes de vol, notamment du Rafale de Dassault, de l’Airbus A400M ou du Boeing 787 «Dreamliner».

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