Junex laisse le travail d’exploration à ses «voisins»

Junex attendra les premiers résultats d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti avant de faire quoi que ce soit avec les permis qu’elle détient dans l’espoir de voir leur valeur bondir.

Pour le moment, la société n’a pas l’intention de trouver un partenaire, une condition décrétée par le gouvernement du Québec, pour investir dans l’exploration sur l’île d’Anticosti où le potentiel pétrolier est estimé par certains à 46 milliards de barils. « À ce stade-ci, c’est prématuré de diluer notre intérêt dans les permis », a expliqué le président et chef de la direction de Junex, Peter Dorrins, en entrevue, après l’assemblée annuelle de la société, mercredi à Montréal.

Dans le cadre de l’exploration sur Anticosti, Québec avait pris l’engagement d’allonger 45 millions dans les permis détenus par Junex et Pétrolia. En échange, les sociétés devaient dénicher un partenaire privé avant le 31 octobre dernier. Pétrolia a vu la valeur de ses permis être diluée avec la création d’Hydrocarbures Anticosti, une société en commandite qui comprend également Corridor Resources Ressources Québec ainsi que la société française Maurel Prom.

M. Dorrins a indiqué que Junex, qui possède cinq permis d’exploration couvrant 944 kilomètres carrés dans le sud de l’île d’Anticosti, préfère attendre le travail d’exploration par ses « voisins » sur ce territoire. « Il y a des [partenaires] intéressés, a-t-il rappelé. Mais le prix du pétrole est à la baisse. Il faut investir des dizaines de millions de dollars à Anticosti. Ça prend quelqu’un avec les poches profondes. C’est moins évident actuellement. »

Au cours de la saison estivale, Hydrocarbures Anticosti a l’intention de poursuivre ses sondages stratigraphiques entamés en 2014 sur l’île d’Anticosti.

M. Dorrins se dit tout à fait conscient que sa stratégie dérange Pétrolia ainsi que les autres sociétés impliquées dans l’exploration sur Anticosti, mais il estime que cela fait partie des règles du jeu. « Les voisins sont en train de faire le travail pour le potentiel [pétrolier], a-t-il dit. On garde 100 % de la valeur de nos permis. Corridor Resources et Pétrolia, eux, ont décidé de transférer cela. »

D’après le patron de Junex, la patience de l’entreprise permettra de diminuer le risque entourant son bloc de permis sur l’île d’Anticosti et d’attirer un partenaire qui sera prêt à investir un montant plus important. Au cours de l’assemblée, il a notamment donné l’exemple de l’entreprise Chesapeake Energy, en Ohio, qui a vu en 2012 la multinationale Total allonger près de 2,4 milliards pour prendre une participation de 25 % dans ses permis.

M. Dorrins s’est par ailleurs félicité du travail accompli sur le gisement de Galt en Gaspésie, dont la mise à jour dévoilée la semaine dernière estimait qu’il est possible de récupérer jusqu’à 55,7 millions de barils de brut. « La prochaine phase, c’est trois autres puits d’exploration [pour un total de sept], a-t-il expliqué. Si l’on continue à avoir du succès, on pense être capable de demander un bail d’exploitation vers le milieu de 2016. »

Le dirigeant de Junex s’est montré très prudent dans ses commentaires, mais si « tout continue d’aller bien » il n’est pas impossible de voir la production pétrolière commerciale débuter vers la fin de l’année prochaine en Gaspésie. « Ça peut être aussi tôt que cela, mais ça dépend de beaucoup de choses », a nuancé M. Dorrins.