Les Canadiens font preuve de prudence

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

Près de la moitié des propriétaires canadiens prennent des mesures pour réduire leur dette hypothécaire, mais plusieurs seraient en difficultés si leurs paiements mensuels devaient grimper, même légèrement, selon un sondage de la Banque Manuvie du Canada.

Selon les résultats de l’enquête de Manuvie, 18 % des propriétaires d’habitation ont fait des versements supplémentaires pour rembourser leur hypothèque au cours de la dernière année, tandis que 17 % ont augmenté le montant de leurs versements réguliers. De plus, 5 % des répondants ont eu recours à ces deux mesures.

Au total, 40 % des propriétaires interrogés ont consacré des sommes d’argent supplémentaires au remboursement de leur hypothèque au cours de la dernière année, tandis que 60 % d’entre eux ne l’ont pas fait. Le montant moyen des versements hypothécaires supplémentaires était de 6300 $.

Selon le président et chef de la direction de la Banque Manuvie du Canada, Rick Lunny, il est encourageant de voir que plusieurs propriétaires prennent des mesures pour réduire leur dette hypothécaire. Cependant, le sondage a aussi permis d’observer que plus du tiers des propriétaires interrogés éprouveraient des difficultés si leurs versements hypothécaires devaient croître de 10 %. « Une hausse de 10 % des versements semble importante, mais si vous avez une hypothèque de 200 000 $ et que les taux d’intérêt grimpent d’un point de pourcentage, cela entraînera une hausse de 10 % des versements hypothécaires », a illustré M. Lunny. « Alors il n’y a pas beaucoup de marge de manoeuvre pour ces personnes. »

Réduction des dépenses

Par ailleurs, 15 % des propriétaires ont indiqué qu’ils ne pouvaient pas se permettre la moindre hausse de leurs versements mensuels. « Une hausse des taux d’intérêt est inévitable, parce qu’ils se trouvent à un creux historique et qu’ils le sont depuis un certain temps », a observé M. Lunny.

Cependant, il a aussi noté que 79 % des répondants ont indiqué qu’ils seraient prêts à réduire leurs dépenses discrétionnaires, comme les sorties au restaurant, pour se libérer de leur dette plus rapidement — une indication que leur budget leur donne peut-être plus de marge de manoeuvre qu’ils ne le croient. « Ces gens sont probablement plus en mesure qu’ils ne le croient de faire leurs versements hypothécaires, mais cela aurait un impact sur leur style de vie », a expliqué M. Lunny.

Les résultats de l’enquête montrent que la dette hypothécaire moyenne des propriétaires canadiens est de 190 000 $. La dette moyenne des Albertains est la plus élevée, à 242 300 $. La Colombie-Britannique suivait avec une dette hypothécaire moyenne de 217 300 $. Venaient ensuite le Manitoba et la Saskatchewan (196 900 $) et l’Ontario (193 000 $). La dette hypothécaire moyenne des Québécois était de 159 100 $, tandis que celle des habitants des provinces atlantiques était de 127 300 $.

Le sondage de Manuvie a été réalisé en ligne, auprès de 2372 propriétaires canadiens dans toutes les provinces entre le 10 et le 27 février. Les répondants étaient âgés de 20 à 59 ans et le revenu annuel de leur ménage était d’au moins 50 000 $. Selon le regroupement professionnel de l’industrie des sondages, l’Association de la recherche et de l’intelligence marketing, on ne peut attribuer une marge d’erreur aux sondages réalisés en ligne puisque leur méthode d’échantillonnage est non probabiliste.