Les syndicats refusent de nouvelles concessions - Slater liquidera ses actifs au Québec et en Ontario

Toronto — Le métallurgiste en difficulté Slater Steel fera la liquidation de ses derniers actifs, tant en Ontario qu'au Québec, la dernière tentative pour obtenir des concessions de ses employés ayant échoué, a annoncé hier le syndicat United Steelworkers.

Lundi soir, a indiqué la responsable syndicale Marie Kelly, l'employeur a affirmé «carrément» qu'il prévoit demander ce vendredi au tribunal ontarien des faillites l'autorisation de céder ses actifs.

Plus de 800 travailleurs sont affectés, dont environ 400 à Sorel-Tracy, où la compagnie a pour raisons sociales Aciers Atlas et Forges de Sorel; les syndiqués y sont membres de la Confédération des syndicats nationaux.

Le recours à cette mesure par la direction de Slater Steel fait suite au refus de la section CSN concernée, en septembre, de faire de nouvelles concessions quant aux conditions de travail. Selon Mme Kelly, la compagnie maintient qu'une entente de principe séparée avec les 430 employés ontariens, à Hamilton, ne suffirait pas à assurer la survie de Slater Steel.

Des responsables de la CSN ont discuté avec des responsables politiques québécois, durant la période des Fêtes, dans l'espoir de trouver une solution sous l'égide du gouvernement Charest ou de réunir une aide permettant à Atlas de sortir de sa situation; la compagnie avait recouru, en juin, à la protection de la loi sur les faillites.

D'après une source proche de la CSN, celle-ci parie qu'un éventuel repreneur sera prêt à racheter l'usine du quartier Tracy. L'assertion de l'employeur voulant que des concessions soient essentielles à sa survie est en outre perçue comme du «bluff» par la partie syndicale. Selon la CSN, les concessions d'ordre salarial voulues par Slater Steel pourraient représenter jusqu'à 3,2 millions.

Quant au syndicat United Steelworkers, il comptait reprendre mardi les négociations mais celles-ci semblent maintenant bel et bien sans objet, l'employeur exigeant des concessions des deux syndicats.

«Ils [les patrons de Slater] ont mon numéro de téléphone, ils peuvent m'appeler à tout moment», ajoute Marie Kelly. Mais elle a «clairement l'impression que, pour la compagnie, c'est terminé, sauf pour l'audience de vendredi» devant le tribunal des faillites.

Jusqu'ici, Slater Steel a fermé son usine de Fort Wayne, en Indiana, et de Welland, en Ontario; une autre, en Illinois, est à vendre.