Pour acquérir une envergure internationale - Les banques demandent à Ottawa de pouvoir s'unir avec des assureurs

Toronto — Les grandes banques canadiennes demandent qu'Ottawa lève l'interdiction de fusionner avec des compagnies d'assurance, afin de créer des institutions financières de stature internationale.

Ce souhait est exprimé dans des dossiers soumis la semaine dernière au ministère des Finances, qui appelait aux commentaires sur son récent document préparatoire concernant une éventuelle consolidation du secteur financier.

La Banque de Montréal, qui avait discuté fusion avec la Scotia jusqu'à ce que le gouvernement Chrétien s'y oppose, à l'automne de 2002, enjoint le premier ministre Paul Martin de valider le processus que son prédécesseur avait amorcé pour autoriser de telles transactions.

L'été dernier, en réponse à deux comités parlementaires qui avaient étudié la question, le gouvernement bloquait toute fusion jusqu'en septembre 2004, mais indiquait qu'il clarifierait le dit processus en juin 2004.

«Pour être équitable, le ministre des Finances [Ralph Goodale] devrait confirmer la validité et la pertinence de cette consultation, l'échéancier pour la compléter [30 juin] et la date où il commencera à recevoir des soumissions [30 septembre]», estime la BMO dans un document de quatre pages.

Des «champions nationaux»

La Banque CIBC plaide que des fusions entre banques à charte ou encore avec des assureurs créeraient des «champions nationaux» capables de soutenir la concurrence tant au pays qu'à l'étranger.

Un tandem banquier-assureur pourrait aider des entreprises clientes à étendre leurs activités internationales ainsi qu'à prévenir la perte de sièges sociaux; la CIBC cite l'exemple d'ING (Internationale Nederlanden Groep), dont la croissance a profité du feu vert donné par le gouvernement des Pays-Bas aux fusions banquier-assureur.

Ce type de fusion serait aussi plus vendable politiquement car il causerait moins de doublons qu'une fusion entre deux banques. «Cela créerait moins d'impact négatif sur l'emploi, sur les succursales et sur le choix [offert au consommateur] qu'une fusion entre banques», soutient-on dans le document de la CIBC.

La plus grosse banque à charte au pays, la Royale, se dit également ouverte à une consolidation s'étendant à tout le secteur financier. Son dossier enjoint Ottawa d'abolir les barrières empêchant les banques de vendre des assurances dans leurs succursales.