Le silence est d’or...

C’était un événement très attendu : le CS300 de Bombardier a effectué lundi son premier vol de démonstration public dans le ciel de la banlieue parisienne, quelques heures après l’ouverture de la 51e édition du salon du Bourget, le premier rendez-vous mondial de l’aéronautique.


Le plus gros avion jamais construit par Bombardier a réalisé ce premier vol avec succès, dans un ciel gris. Au sol, le nez en l’air, les yeux tournés vers les nuages, des milliers de professionnels ont observé les mouvements aériens de l’appareil, qui se révèle, selon les résultats des essais en vol, aussi silencieux que promis. « Vous ne l’entendrez pas voler », avait prévenu le nouveau président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, quelques minutes avant ce vol historique. M. Bellemare y a assisté aux côtés du président du conseil d’administration de la société, Pierre Beaudoin, du père de ce dernier, Laurent Beaudoin, et de plusieurs clients de Bombardier.


Pour Alain Bellemare, arrivé en février à la tête du constructeur en difficultés, ce salon marque un point tournant, voire un vrai décollage pour la série C. « Le fait d’avoir en même temps deux vrais avions (un CS100 aux couleurs de Swiss, et le CS300), avec des performances exceptionnelles et une équipe solide, c’est un point tournant. Il y a eu beaucoup de pression sur le programme. Maintenant, on avance. On est en train de construire un momentum très positif. »


Dimanche, puis à nouveau lundi, Bombardier a annoncé que ses avions CSeries s’étaient révélés lors des essais en vol encore plus performants que prévu, notamment sur le plan de la distance franchissable (+ 12 %) et de la capacité de la cabine, qui pourra accueillir jusqu’à 15 passagers de plus. « Nous sommes à une étape où il important de montrer la performance de l’avion. Il y a beaucoup de questions à ce sujet. Maintenant, nous pouvons en parler à nos clients avec des chiffres. Notre focus maintenant, c’est de réénergiser nos activités de ventes et de marketing avec la nouvelle équipe, sur la base de données réelles », a ajouté le numéro 1 de Bombardier.


Quelques minutes plus tôt, Swiss (groupe Lufthansa), le client de lancement et premier opérateur de CSeries, s’était réjoui de sa collaboration avec Bombardier, à qui il a acheté en 2009 30 CS100 (110 à 130 places) pour la somme de 2 milliards. Convaincu par les performances de l’appareil, le président et chef de la direction de Swiss, Harry Hohmeister, a annoncé que sa compagnie avait décidé de modifier le tiers de ces commandes, pour les remplacer par dix CS300 (130 à 160 places).


Pour lui, le CS300 est un complément idéal pour le CS100. « Avec ces deux versions, nous serons plus souples et pourrons adapter notre capacité à la demande sur nos liaisons européennes », a-t-il ajouté. Ni Swiss ni Bombardier n’ont voulu dire si cela augmentait la valeur du contrat. Le président le président de Bombardier Avions commerciaux, Fred Cromer, a toutefois fait remarquer qu’« un plus gros avion est normalement plus cher ».


Les CSeries de Swiss, destinés à remplacer des Avro RJ100 50 % plus bruyants, entreront en service à compter du milieu de 2016, a-t-on indiqué.

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