Pour 45 milliards $US - La Chine renfloue deux de ses banques

La Chine a injecté 45 milliards $US dans deux de ses principales banques publiques, un plan de renflouement attendu de longue date pour un secteur criblé de dettes et qui constitue le talon d'Achille du pays. Les deux banques ainsi renflouées, Bank of
Photo: Agence Reuters La Chine a injecté 45 milliards $US dans deux de ses principales banques publiques, un plan de renflouement attendu de longue date pour un secteur criblé de dettes et qui constitue le talon d'Achille du pays. Les deux banques ainsi renflouées, Bank of

Pékin — La Chine a injecté 45 milliards de dollars américains dans deux de ses principales banques publiques, un plan de renflouement attendu de longue date pour un secteur criblé de dettes et qui constitue le talon d'Achille du pays.

Les deux banques ainsi renflouées, Bank of China et China Construction Bank, se sont partagées l'enveloppe à parts égales. La Chine a puisé dans ses abondantes réserves officielles de devises étrangères pour renforcer les fonds propres des deux banques, a annoncé une porte-parole de l'administration d'État chargée du marché des changes (SAFE).

Et maintenant, la Bourse

La double injection, achevée à la fin de l'année dernière, ouvre maintenant la voie à une possible introduction en Bourse des deux établissements, écrit pour sa part le quotidien financier Shanghai Securities News. De telles mises sur le marché sont envisagées d'ici 2006, l'année à partir de laquelle les banques étrangères pourront accéder à l'épargne des Chinois (1300 milliards $US), selon le calendrier fixé par l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

La santé du système financier chinois est aussi jugée vitale si le pays veut poursuivre son boom économique actuel, avec des taux de croissance similaires à celui de 2003, largement pressenti à 8,5 %.

Les quatre principales banques de Chine, parmi lesquelles figurent aussi l'Industrial and Commercial Bank et l'Agricultural Bank, croulent sous le poids de créances douteuses qui représentent officiellement plus de 20 % du total des crédits qu'elles ont accordés. Nombre d'analystes occidentaux estiment toutefois que les ratios de créances douteuses sont plus proches des 40 % et que la plupart des banques chinoises sont insolvables au regard des normes internationales.

Les analystes évaluent à au moins 2000 milliards de yuans (240 milliards $US) le montant total des créances douteuses des quatre premières banques chinoises. Selon leurs calculs, l'injection de capital dont a bénéficié par exemple Bank of China devrait lui permettre de ramener son ratio de créances douteuses autour de 10 %. Selon eux, ce ratio doit revenir à un seul chiffre avant que toute introduction en Bourse puisse être envisagée.

Il reste que les experts se félicitent de cette injection de capital dans un secteur qui a prêté sans compter aux entreprises d'État pendant des décennies. «C'est une décision positive. Elle traduit une utilisation rentable des ressources publiques pour remédier aux difficultés financières», commente Tai Hui, économiste chez Standard Chartered à Hong Kong.

Bank of China, première banque chinoise, a fait part de son intention de s'introduire en Bourse d'ici 2005, tandis que la Construction Bank, dont la situation financière est la plus saine des quatre, a invité les banques d'affaires qui désirent l'assister pour son offre publique initiale, qui pourrait avoir lieu cette année, à se faire connaître.